mercredi 6 juin 2018

Etat espagnol. Le chemin étroit du nouveau gouvernement et les défis d’Unidos Podemos, par Jaime Pastor

Le triomphe de la motion de défiance constructive présentée par Pedro Sánchez ce 1er juin et l’expulsion de M. Rajoy [«M punto Rajoy», allusion à la façon dont Podemos et d’autres nomment publiquement l’ancien président du gouvernement en raison de l’apparition de son nom dans des affaires de corruption] de la Moncloa [siège du président du gouvernement à Madrid] constituent sans aucun doute une bonne nouvelle et c’est ainsi qu’elle a été reçue par une large majorité de la société espagnole. 

Un nouveau scénario politique s’ouvre ainsi, plein d’inconnues et sans susciter de grandes illusions envers le nouveau gouvernement qui sera formé dans les prochains jours. 

Pour le moins, une étape d’attaques brutales contre les droits et les libertés fondamentales sur tous les fronts s’achève.

samedi 5 mai 2018

Le rapprochement des deux Corées et la gauche radicale en Corée du Sud, par Christophe Aguiton

La rencontre entre Moon Jae-in et Kim Jung-un représente un tournant dans les relations inter-coréennes et dessine une issue dans cette crise internationale. Elle est le résultat de la nouvelle situation créée par la destitution de la présidente Park Geun-hye. C'est l'occasion de faire le point sur la gauche radicale sud-coréenne qui a joué un rôle important dans ces événements. 

Vendredi 27 avril 2018, pour la première fois les premiers dirigeants des deux Corées se sont rencontrés sur la ligne de démarcation. Cet événement qui a fait la une de la presse mondiale a été suivi intensément par la population sud-coréenne qui a passé la journée devant la télévision, chez elle ou dans les nombreux cafés et restaurants du pays. Une très large majorité de la population, en Corée du Sud, a accueilli très favorablement ce début de rapprochement. 

Trois raisons principales expliquent ce soutien massif. La première est évidemment la crainte d’un conflit ouvert entre les deux Corées dont la population serait la première victime. Une motivation évidente mais qui n’est pas la plus importante. La Corée du Sud est habituée à la succession de crises avec le Nord, et les propos de ses dirigeants relèvent plus de la gesticulation que d’une réelle volonté belliqueuse. Le Nord cherche à se protéger de toute intervention américaine et va tenter de monnayer ses initiatives de paix sur le plan économique. 

dimanche 8 avril 2018

A la frontière du camp de concentration appelé Gaza, par Gideon Levy

Ils étaient séparés par la palissade. Des enfants nés à la fin des années 1990, des jeunes du même âge, se tenaient de part et d’autre de la frontière. D’un côté, les soldats israéliens et, de l’autre, les manifestants de Gaza. 

Face à face, des soldats armés et protégés avec leurs jeeps, bulldozers, barrières de terre, barbelés et tours de guet, et des manifestants à découvert, avec un parasol et des ambulances. 

Plusieurs dizaines de résidents de Gaza se sont également approchés de la clôture, en milieu de semaine, pour défier silencieusement aussi bien cette barrière de séparation que les soldats israéliens, alors que derrière eux 18 familles pleuraient leurs proches [tués] et des centaines soignaient leurs blessures – toutes des victimes des tirs nourris de vendredi passé [30 mars – selon le site +972, en date du 6 avril 2018, les «tireurs d’élite» (snipers) ont tué au moins six Palestiniens (neuf selon les dernières données) ce huitième jour de manifestations et blessé au moins 300 par balles réelles, qui font des blessures très graves]. 

lundi 19 mars 2018

Non ne possiamo più di questa gente ! (nous n’en pouvons plus de tous ces gens) , retour sur les élections en Italie, par Mathieu Dargel, Ensemble!.

Non ne possiamo più di questa gente ! (nous n’en pouvons plus de tous ces gens) 
Cette phrase, on la lit et on l’entend depuis lundi dans toute la presse italienne. C’est la première raison que donnent les électeurs interrogés pour expliquer leur vote en faveur de la Lega (ex Ligue du Nord) ou du Mouvement 5 étoiles(M5S). Viola Carofalo, porte-parole de Potere al Popolo, parle, elle, de la victoire du racisme et du « je m’en foutisme » (qualunquismo). 

Du Nord au Sud de l’Italie, ce sont donc ces deux forces politiques qui remportent les élections. Le M5S progresse de 1,5 millions de voix, à 32.3%, près de 10 millions, et la Lega atteint 17.6%, avec 5,4 millions de voix, permettant à la coalition de « centre droit » de passer en tête avec 36,9% des voix. Les partis « historiques » de la vie politique italienne s’effondrent, aussi bien Forza Italia, de Berlusconi, pour qui ce sera sans doute la dernière page de sa longue histoire politique, que le Parti Démocrate, qui passe sous la barre des 20% et perd ses bastions historiques du centre de l’Italie. 

lundi 26 février 2018

Algérie : « Résister et construire une alternative », déclaration du PST (Parti socialiste des travailleurs).


Défendons l’Etat social, la souveraineté nationale et les libertés démocratiques menacés par le gouvernement  

Sur un fond de crise économique et financière présentée comme inéluctable voire comme une fatalité, le gouvernement Bouteflika s’attèle à remettre en cause l’Etat social, la souveraineté nationale et les libertés démocratiques arrachés par un long combat et la résistance des travailleurs et des masses populaires. 

Austérité pour les masses laborieuses, cadeaux pour les possédants 

Le pouvoir d’achat des travailleurs et des retraités est attaqué de toutes parts. Les lois de Finances qui se succèdent voient l’augmentation des prix de l’électricité, de la TVA, des carburants, des produits électroménagers, du tabac… La dépréciation continue du dinar pèse d’autant plus sur le budget des familles modestes que de nombreux produits sont importés de l’étranger. Alors qu’un système de santé à deux vitesses s’est installé, l’école publique se voit privatisée par la généralisation des cours particuliers. Les salaires et les retraites sont quant à eux bloqués.

samedi 17 février 2018

Algérie. Les droits des femmes, beaucoup reste à faire par Keltoum Ben

Constitution algérienne de 1976 concernant le statut des femmes 

• Article 39 : « Les libertés fondamentales et les droits de l’homme et du citoyen sont garantis. Tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur les préjugés de sexe, de race ou de métier, est proscrite. » 

 • Article 40 : « La loi est la même pour tous, qu’elle protège, qu’elle contraigne ou qu’elle réprime. » 

 • Article 41 : « L’État assure l’égalité de tous les citoyens en supprimant les obstacles d’ordre économique, social et culturel qui limitent en fait l’égalité entre les citoyens, entravent l’épanouissement de la personne humaine et empêchent la participation effective de tous les citoyens à l’organisation politique, économique, sociale et culturelle. » 

lundi 5 février 2018

Syrie (Nord) et Turquie : Ankara lance une nouvelle guerre contre les Kurdes à Afrin, par Joseph Daher

Depuis le 20 janvier 2018, l’armée turque assistée par des milices à la solde de la Turquie de l’opposition armée syrienne, en grade majorité des forces conservatrices islamiques et réactionnaires, a lancé une offensive aérienne et terrestre à grande échelle, baptisée « Opération Rameau d’olivier » sur la province d’Afrin située au nord-ouest de la Syrie avec une population majoritairement kurde contrôlée par Parti de l’Union Démocratique (PYD) et ses Unités de Protection du Peuple (connus sous les noms des YPG). 

Plus d’une soixantaine de civils (Kurdes, Arabes, Arméniens et autres) ont été tués depuis le début de l’opération et de nombreuses destructions ont été causées par les bombardements de l’aviation turque. 

Au même moment, le régime autoritaire et criminel de Bachar al-Assad et l’aviation russe continue ces bombardements et ses offensives militaires contre les régions de la Ghouta orientale et d’Idlib qui ont causé la mort de plusieurs centaines de civils et des déplacements de populations civiles massifs ces dernières semaines. Il y a un consensus entre toutes les puissances internationales et régionales pour le maintien du régime meurtrier à Damas avec Bachar al-Assad à sa tête au nom de la « guerre contre le terrorisme ». C’est ce consensus qui donne « carte blanche » au régime syrien de continuer ses crimes à une large échelle. 

vendredi 2 février 2018

Grèce. La droitisation de SYRIZA: un gouffre social, moral et idéologique, par Antonis Ntavanellos

Le 15 janvier 2018 a été soumis au Parlement grec, et par la suite adopté par la majorité de SYRIZA-ANEL [Grecs indépendants], le projet de «loi-valise», par lequel le gouvernement Tsipras assure le «bon» déroulement de la 3e évaluation de la situation économique grecque par les créanciers. 

Ainsi, ce gouvernement suit sa route vers la fin formelle du programme du 3e mémorandum (signée le 14 août 2015), annoncée pour août 2018. D’ici à cette date le gouvernement doit encore éviter deux récifs. 

D’une part, les «stress tests» (tests de résistance bancaire) des banques grecques [Banque nationale de Grèce, Piraeus Bank, Alpha Bank et Eurobank], où il espère que les créanciers et la Commission européenne accepteront l’application de critères moins stricts, afin d’éviter le scénario d’une nouvelle recapitalisation des banques qui ferait exploser la vision optimiste de l’économie grecque actuellement diffusée. 

D’autre part, la stratégie de communication de Tsipras qui, malgré tous les problèmes, est déjà en train de préparer les prochaines élections. Il a encore en perspective la 4e évaluation (au printemps 2018), qui débouchera sur de nouvelles mesures d’austérité supplémentaires. 

jeudi 25 janvier 2018

Face au consensus nationaliste et à la déraison militariste : Nous condamnons la guerre d’Erdogan sur Afrine!

Après des semaines de préparation morale, de pression diplomatique et de désinformation massive l’Etat turc a finalement attaqué l’enclave à majorité kurde d’Afrine, situé au nord-ouest de la Syrie. En jouant habilement sur les clivages entre Washington et Moscou, le Président turc a réussi à lancer une opération militaire d’envergure composée de frappes aériennes, de déploiement de milices islamistes et de l’incursion des troupes de l’armée turque sur le sol Syrien prêtes à l’offensive.

Nous condamnons fermement cette guerre, cyniquement dénommée “Rameau d’Olivier”, qui n’aura d’autre conséquence que d’aggraver les tensions entre les peuples turcs, kurdes et arabes, de repousser toute espérance de vie commune et dont l’ultime objectif est incontestablement la consolidation du régime dictatoriale d’Erdogan. 

mardi 9 janvier 2018

Catalogne : quel paysage après les élections ? par Josep Maria Antentas

1- Le 21 décembre (21D) a dessiné le paysage d’une insolite mobilisation électorale, avec une participation historique de 79,04 % (il s’agit des chiffres officiels après le décompte des votes de l’étranger). Le rapport de forces entre les deux grands blocs en lice est relativement similaire à celui du 27 septembre 2015 (27S) : 2 079 340 voix (47,49 %) et 70 députés indépendantistes vs. 1 902 061 voix (43,49 %) et 57 députés partisans de l’Article 155. Et, entre les deux, un auto-proclamé modeste troisième espace, celui de Catalunya en Comú-Podem : 326 360 voix (7,45 %) et 8 députés. 

Au sein de chaque camp c’est un parti conservateur qui est en position hégémonique : Ciudadanos, indiscutablement, pour le bloc consitutionnaliste, face à un Parti Populaire (PP) qui s’effondre et un Parti des Socialistes de Catalogne qui, malgré une légère progression, ne parvient pas à sortir de son rôle périphérique dans la politique catalane ; et Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne), pour le bloc indépendantiste, quoique d’une façon beaucoup plus précaire et pratiquement à égalité avec l’ERC (Esquerra Republicana de Catalunya – Gauche républicaine de Catalogne).