Aminata Traoré (ancienne ministre démissionnaire de la culture du Mali, initiatrice de l’appel des Femmes du Mali contre la guerre), a été invitée à Paris pour exposer ses prises de position contre l’intervention française au Mali, lors d’une réunion publique prévue le 22 avril à l’AGECA et intitulée « Non à la guerre au Mali ! Retrait des troupes ! ».
Lors du Forum Social Mondial de Tunis, elle déclarait en effet : « La guerre qui a été imposée aujourd’hui au Mali n’est pas une guerre de libération du peuple malien, mais une guerre de pillage des ressources. Je regrette que nombre de militants se trompent de défi en soutenant une guerre qui est une guerre de positionnement pour une ancienne puissance coloniale ».
Aminata Traoré, qui s’est vue accorder un visa pour se rendre à Berlin du 17 au 19 avril, a été informée par l’ambassade d’Allemagne que la France a empêché l’obtention d’un visa pour tous les pays Schengen. Comment ne pas faire le lien entre les convictions politiques d’Aminata Traoré et le fait qu’elle soit persona non grata en France ?
Bien que l’action du « 25 Septembre : Occupe le Congrès » ait été un succès, qui a permis d’unir les luttes populaires et que la population prenne conscience en sortant massivement dans la rue, il semble que le Parlement espagnol ne nous a pas entendus.
Ceci démontre qu’il continue à ne pas représenter le peuple et à ne pas veiller au bien-être de l’immense majorité. Bien au contraire : il est au service et représente les intérêts de quelques-uns, ceux qui détiennent le capital.
En procédant de la sorte, il nous vole les droits basiques comme la santé, l’Education et le droit à un logement digne. Et, au moyen de la violence et de la répression, ils essaient de faire taire le peuple et discréditer les actions comme celles du « 25 avril : Assiège le Congrès» et du « 25 septembre : Occupe le Congrès ».
Ainsi donc, la mobilisation du « 25 avril : Assiège le Congrès » s’inscrit dans la contestation sociale et cette action marque une évolution vers une véritable révolution sociale, politique, économique et culturelle.
Contre les injustices, il faut continuer la lutte populaire ; contre le mensonge, contre cette escroquerie appelée crise, mais surtout contre ses « responsables » et aussi contre la répression.
La Tunisie, berceau des révoltes dans le monde arabe, accueille à partir d’aujourd’hui et jusqu’à samedi le Forum Social Mondial (FSM), la plus importante rencontre internationale des organisations et des mouvements sociaux. Et n’est pas un hasard. Les promoteurs du FSM ont choisi ce pays en référence au « Printemps Arabe ». Ce dernier a non seulement donné naissance à de nouveaux mouvements de contestation en Afrique du Nord et au Moyen Orient, mais il a aussi « contaminé » le sud de l’Europe, en particulier avec les Indignés dans l’Etat espagnol, et jusqu’au mouvement Occupy aux Etats-Unis.
C’est un nouveau cycle de protestations qui a surgi avec force à l’échelle internationale, déterminé par une crise systémique du système et par les politiques d’austérité et d’endettement, en particulier dans les pays de la périphérie de l’Union européenne soumis à de dures mesures d’ajustement.
Le « Printemps Arabe » a apporté un vent frais dans la longue nuit de la crise. Il a permis de récupérer la confiance dans l’action collective, dans le « nous ». En janvier 2011, le président tunisien Ben Ali fuyait le pays sous la pression de la rue. Un mois plus tard, en février 2011, l’histoire se répétait ; le président égyptien Hosni Moubarak jetait l’éponge et démissionnait, forcé et contraint par la mobilisation sociale. Le monde arabe, tant de fois stigmatisé en Occident, nous offrait une leçon de démocratie.
A l’initiative de RAID Tunisie et de certains partis membres du Front Populaire, une rencontre internationale s’est tenue les 23 et 24 mars 2012 (week end précédent le FSM à Tunis). Elle a réuni des délégations de différents pays du Bassin méditerranéen. Elle s’est déroulée en trois temps : le 23 après-midi, plusieurs exposés et débats ont traité de la situation de la dette et leur conséquences, d’une part, en Tunisie et en Egypte, d’autre part, dans l’Etat espagnol, en Grèce et au Portugal ; puis la matinée du 24 les alternatives et les ripostes possibles ont été débattues pour aboutir à une déclaration commune ; enfin, un grand meeting populaire s’est tenu au palais des congrès le dimanche après-midi.
Nous avons pu mesurer, grâce aux témoignages de nombreux pays : Tunisie, Egypte, Algérie, Maroc, Liban, Palestine, Syrie mais aussi Grèce, Espagne et Portugal, à quel point les gouvernements de ces pays s’alignent sur les recommandations des institutions financières internationales en imposant des politiques d’austérité qui ont des conséquences extrêmement graves pour les populations.
Il est à présent clair que les dirigeants européens sont désormais engagés sur une voie ouvertement orientée contre les peuples d’Europe. La stratégie du gouvernement allemand, soutenue en Europe par le capital financier spéculatif, est une stratégie de colonisation de l’Europe du Sud en général, et de la Grèce et de Chypre en particulier.
Elle s’appuie principalement sur une forme d’extorsion dont la dette est le levier.
Si la dette n’existait pas, ils l’auraient inventé pour pouvoir arriver à leurs fins. Qui plus est, la décision prise vendredi dernier par l’Eurogroupe met en danger la stabilité du système financier dans l’ensemble de la zone Euro.
Il s’agit d’une bombe à retardement menaçant les fondements du système bancaire, non seulement à Chypre, mais partout en Europe. Cette décision doit être annulée, avant qu’elle ne cause des dommages irréversibles.
Au cours de l’une des réunions préparatoires tenue dans le cadre de la réunion altermondialiste « Firenze 10+10 » en novembre 2012, des inquiétudes s’étaient exprimées sur la participation à la prochaine édition du FSM : à l’exception du Maghreb et de l’Europe (surtout France et Italie), la mobilisation était en deçà des espérances des équipes organisatrices de Tunisie, du Maghreb et du conseil international du FSM.
Mais les semaines qui ont suivi ont été plus rassurantes : avec plusieurs dizaines de milliers d’inscriptions de presque toutes les grandes régions du monde et de tous les continents, 4556 organisations enregistrées (associations, syndicats, journaux et revues, ONG… etc) et 1782 activités proposées, le FSM de Tunis a pris du volume.
Se confirme ainsi la réussite du pari d’organiser ce FSM en Tunisie, où l’équipe organisatrice a su regrouper la grande majorité des réseaux associatifs et syndicaux, ceux-la mêmes qui ont été partie prenante du processus révolutionnaire amorcé en Tunisie fin 2010.
Cette préparation s’effectue pourtant dans des conditions rendues encore plus difficiles par les lourdes menaces qui pèsent depuis plusieurs mois sur ce processus et dont l’assassinat de Chokri Belaid a été le révélateur.
On peut résumer, sans les hiérarchiser, à quatre, voire cinq enjeux majeurs la tenue du FSM de Tunis.
25 militant-e-s des Alternatifs participeront au prochain forum social mondial qui se tiendra à Tunis du 26 au 30 mars. Les Alternatifs animeront 2 ateliers :
- Education : quelle école pour l'émancipation ?
(avec les camarades espagnols, et RAGA Sénégal)
- Révolutions au XXIe siècle : Temps court ou processus de révolution longue ?
Avec RAID ATTAC Tunisie (Intervenant Bruno Della Sudda)
et en co-animeront deux autres :
- Alternatives locales concrètes (Roger Winterhalter)
Alternatives locales concrètes : types et portée (activité étendue)
- et "Appropriation sociale et autogestion" avec Transform Europe / Espace Marx et l'Association pour l'Autogestion (Richard Neuville)
Présenté comme le porte-voix des déshérités, le pape François est originaire du continent sud-américain, qui a vu naître la théologie de la libération. Ce courant de pensée théologique chrétienne, qui s’est assorti d’un mouvement socio-politique d’inspiration marxiste, est apparu dans les années soixante en réponse à la pauvreté. Théorisée par Gustavo Gutierrez, dans un ouvrage paru en 1972, la théologie de la libération prône la libération des peuples et entend notamment rendre dignité et espoir aux pauvres et aux exclus et les libérer d’intolérables conditions de vie. Les adeptes de ce courant de pensée se sont engagés contre les dictatures militaires conservatrices en place dans plusieurs pays d’Amérique latine.
Les relations du cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio, premier pape originaire des Amériques, à la théologie de la libération, font débat. Mgr Bergoglio n’a cessé de dénoncer le néolibéralisme, la corruption, le clientélisme politique et la pauvreté. Il se dit par ailleurs très influencé par l’archevêque de San Salvador Oscar Romero, assassiné le 24 mars 1980 pour ses prises de position contre l’armée salvadorienne et en faveur des droits de l’homme. Toutefois, ses conceptions sociales et son absence d’engagement contre la dictature militaire argentine (1976-1983) le placent hors de ce courant.
Michael Lowy, sociologue et bon connaisseur de l’Amérique latine, analyse les relations du pape François à la théologie de la libération.
Hélène Sallon : On reconnaît au pape François un engagement marqué auprès des pauvres et en faveur d’un rôle social de l’Eglise. En quoi ses conceptions sociales divergent-elles toutefois de la théologie de la libération ?

Récupérer de l’huile dans les poubelles… La situation en Grèce se détériore tous les jours pour la majorité de la population. Ainsi, dans le Gymnase d’Acharnon (Athènes), 60 élèves ont été recensés comme souffrant de la faim. C’est le site Boroume.gr qui a révélé ce fait, un site lié à un réseau de distribution de nourriture aux nécessiteux. Soixante jeunes âgés de 13 à 15 ans, sur un total de 313, n’ont avec eux aucun casse-croûte et n’achètent rien à la cantine scolaire. Le lundi matin, fin février, beaucoup de jeunes sont allés voir le directeur, après avoir passé le week-end du 23-24 février 2013 dans leur famille. Il leur a distribué du lait. Ils l’ont bu immédiatement, car la faim les tenaillait. Le directeur a tenté d’ouvrir une «échoppe sociale» avec des prix les plus bas possible pour assurer une alimentation de base. Les aides des magasins des environs ont été maigres, pour ne pas dire plus. Un fabricant de produits laitiers a assuré des livraisons de lait et yogourts deux fois par semaine.
Le chômage, le retard dans le versement des salaires, leur compression et la hausse simultanée des impôts – plus élevés en Grèce qu’en France sur les petits et moyens revenus, sans mentionner les taxes indirectes – font leurs effets… Et ce n’est pas le seul cas.
Les politiques d’austérité néolibérales imposées par la Troïka avec la complicité des gouvernements en place mènent la Grèce au désastre, mettant en danger la santé et la vie de la population. On assiste ainsi à la recrudescence des dépressions, à la prolifération de pathologies telles que l'hypertension, les maladies cardiaques, le cancer, ainsi qu’à la réapparition de maladies pendant longtemps disparues, comme la tuberculose et le paludisme. Le chômage est aussi cause d’une mortalité accrue.
En même temps, de nombreuses catégories de la population, notamment celles qui sont les plus vulnérables : enfants, femmes enceintes, familles monoparentales, malades chroniques, migrants, personnes dépendantes, personnes handicapées… sont en danger, étant privées de soins et de suivi adéquats.
Cette augmentation considérable des besoins se heurte à un système public de santé qui s'effondre et se trouve incapable d’y répondre. La réduction brutale des dépenses publiques de santé et de protection sociale à un moment où la fréquentation des hôpitaux publics ne cesse d’augmenter crée un problème sanitaire qui frôle la catastrophe humanitaire.