vendredi 8 mai 2015
Un plan d’action pour le redressement de la Grèce, par Yanis Varoufakis
ATHENES – Plusieurs mois de négociations entre notre gouvernement et le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la Banque centrale européenne n’ont produit que peu de progrès. Une des raisons est que l’ensemble des parties se concentrent trop sur les conditions de la prochaine injection de liquidité et pas assez sur une stratégie visant un redressement et un développement durable de la Grèce.
Si nous voulons sortir de l’impasse actuelle, nous devons envisager une économie grecque en bonne santé. Un redressement durable nécessite des réformes synergiques pour libérer le potentiel considérable du pays en supprimant les goulets d’étranglement dans plusieurs domaines : l’investissement productif, la fourniture de crédit, l’innovation, la concurrence, la sécurité sociale, l’administration publique, le système judiciaire, le marché du travail, la production culturelle et, enfin et surtout, la gouvernance démocratique.
Sept années de déflation de la dette, renforcée par l’attente d’une austérité éternelle, ont décimé l’investissement privé et public et forcé les banques anxieuses et fragiles à cesser de prêter. Etant donné le manque de marge de manœuvre budgétaire du gouvernement et le poids des prêts non performants des banques grecques, il est primordial de mobiliser les actifs restants de l’État et de débloquer la circulation du crédit bancaire vers les parties saines du secteur privé.
Afin de restaurer l’investissement et le crédit à des niveaux permettant une vitesse de libération économique, la Grèce en redressement nécessitera deux nouvelles institutions publiques travaillant côte à côte avec le secteur privé et les institutions européennes : une banque de développement qui exploite les actifs publics et une « bad bank » qui permette au système bancaire d’évacuer ses actifs non performants et de rétablir le flux du crédit vers les entreprises rentables et orientées vers l’exportation.
jeudi 7 mai 2015
Non aux chantages – Le mandant du peuple grec est une valeur non négociable, par du secrétariat politique Syriza
Le Secrétariat politique de SYRIZA s’est réuni aujourd’hui et les participants ont, à l’unanimité, souligné que «les lignes rouges du gouvernement sont aussi les lignes rouges du peuple grec. Elles sont indispensables pour sortir de la crise en termes de justice sociale et de développement».
Dans la réunion le Secrétariat politique de SYRIZA est parvenu unanimement aux conclusions suivantes:
1. Le gouvernement, fidèle au mandat populaire du 25 janvier d’abolir la politique mémorandaire et austéritaire, défend les intérêts du pays, la souveraineté populaire et la démocratie. Il défend le droit inaliénable du peuple grec de décider de son propre destin.
2. Depuis l’accord du 20 février, les prêteurs, soutenus par certains médias nationaux et internationaux ont essayé de désintégrer le difficile compromis obtenu et de faire chanter le nouveau gouvernement afin de mettre en œuvre ceux pour lesquels le gouvernement Samaras a été rejeté par les électeurs.
3. Les lignes rouges du gouvernement sont aussi les lignes rouges du peuple grec. Elles sont indispensables pour sortir de la crise en termes de justice sociale et de développement. Ils sont inconcevables les efforts issus tant des cycles extrêmes de prêteurs que de l’establishment intérieur mémorandaire, de saper les efforts du gouvernement pour une solution viable et de le faire chanter afin de mettre en œuvre des nouvelles mesures d’austérité et de récession qui appauvrissent la société.
mardi 5 mai 2015
Etat espagnol. Ciudadanos, un défi pour Podemos, par Josep Maria Antenta
L’irruption de Ciudadanos a, une fois de plus, modifié le panorama politique fluide et volatil de l’Etat espagnol. Voilà qu’est enfin arrivée l’option du changement tranquille, celle de la régénération du modèle sans le changer. Ciudadanos serait-il le Moriarty [l'ennemi le plus redouté] de Podemos, un ennemi aussi inattendu qu’invincible? C’est en tout cas ce qu’espère l’Ibex 35 (le principal indice boursier de Madrid) et tous ceux qui se sont efforcés de promouvoir le «Podemos de la droite».
Ciudadanos prive Podemos de l’effet de nouveauté et, surtout, l’empêche d’apparaître comme étant le seul mouvement aspirant au trône que le bipartisme (PP-PSOE) laisse à moitié orphelin et autour duquel pourrait se réunir une majorité sociale hétérogène attirée vers Podemos par la possibilité réelle que ce parti pourrait constituer le moteur d’un changement politique. Il s’agit d’un cercle vicieux, car Podemos sera d’autant moins soutenu que sa victoire semblera moins possible. A l’inverse, plus Podemos sera considéré comme une alternative gagnante, plus ce mouvement sera soutenu. Même si les deux partis ne se disputent qu’une frange restreinte d’électeurs et s’ils ne recrutent pas leurs partisans sur les mêmes terrains, Ciudadanos bloque la croissance de Podemos dans les secteurs les moins politisés et les plus conservateurs et place une torpille sur la ligne de flottaison de son projet de parti transversal qui aspire à rassembler rapidement une majorité sociale au-delà des confins traditionnels du «peuple de gauche».
L’ascension des deux partis a clairement des points en commun, en particulier en ce qui concerne la propulsion médiatique et télévisuelle des personnalités charismatiques de leurs leaders: Albert Rivera et Pablo Iglesias. Mais si la projection médiatique de Podemos s’explique par une logique du taux d’audience, celle de Ciudadanos a été induite par la volonté politique consciente des milieux patronaux d’instituer un antidote à Podemos et une option de rechange ou d’étayage du bipartisme. Sans compter qu’au-delà des parallélismes télévisuels, il existe derrière ces deux partis des réalités sous-jacentes très différentes. En arrière-fond du phénomène de Podemos il y a eu un processus d’auto-organisation venant d’en bas, souvent en conflit avec le développement et la structuration du parti lui-même, ainsi qu’un réel militantisme de base, en grande partie suscité par les expériences récentes du 15M et des Marées citoyennes et par des secteurs sociaux qui ont sympathisé avec ces mouvements. Rien de cela n’existe dans Ciudadanos, qui n’a ni base militante ni ancrage social, malgré l’indubitable pouvoir d’attraction des actes et des conférences de Rivera et de son entourage.
lundi 4 mai 2015
Grande-Bretagne : le duopole Labour-Tories sérieusement menacé, par Philippe Marlière
Quelque soit le vainqueur le 7 mai, la
politique à Westminster va changer après cette élection législative. Les
politiques d’austérité du gouvernement libéral-conservateur ont échoué à
sortir le pays de la crise profonde provoquée par le système bancaire.
Elles sont responsables d’une régression sociale d’une ampleur inégalée
depuis le thatchérisme. Le gouvernement sortant a fait payer la crise
aux pauvres en réduisant sensiblement l’État social britannique et en
augmentant le taux de TVA. La City et les riches sont plus prospères que
jamais.
En cas de victoire travailliste, il ne faut pas espérer un
changement de cap radical. C’est davantage sur les modalités de la mise
en oeuvre des politiques d’austérité que sur leur bien-fondé que les
deux principaux partis s’opposent. D’un côté, les conservateurs veulent
continuer, voire intensifier ces politiques d’austérité. De l’autre, les
travaillistes sont plus prudents : ils insistent sur un calendrier de
réduction des dépenses moins sévère que celui des Tories.
Sans promettre de revenir sur l’ensemble des coupes budgétaires décidées sous la présente législature (certaines ont entraîné la fermeture de services publics, tel des bibliothèques publiques ou des services hospitaliers), Ed Miliband, le leader du parti travailliste, s’est engagé à préserver les rares services publics qui n’ont pas encore été privatisés. Le choix qui s’offre aux électeurs est donc entre une austérité brutale et une austérité “à visage humain”.
L’électorat est en train de se rebeller contre le consensus
austéritaire des deux grands partis. Selon toute vraisemblance, il
n'accordera la majorité absolue à aucune des deux formations. Les
sondages donnent le Labour et les Tories dans un mouchoir de poche (une
moyenne de 32,5-35,5% pour les conservateurs, et de 32-34,5% pour les
travaillistes).
Sans promettre de revenir sur l’ensemble des coupes budgétaires décidées sous la présente législature (certaines ont entraîné la fermeture de services publics, tel des bibliothèques publiques ou des services hospitaliers), Ed Miliband, le leader du parti travailliste, s’est engagé à préserver les rares services publics qui n’ont pas encore été privatisés. Le choix qui s’offre aux électeurs est donc entre une austérité brutale et une austérité “à visage humain”.
Un éparpillement des voix
dimanche 3 mai 2015
L'audit de la dette grecque, une idée qui a fini par percer, par Amélie Poinssot (Médiapart)
L'idée a mis du temps à faire son chemin au sein de Syriza. Elle a finalement été portée par la présidente du parlement, Zoi Konstantopoulou : pour négocier une restructuration de la dette grecque avec les créanciers, il faut d'abord déterminer dans quelles proportions elle est légale, légitime, et soutenable. Début avril, une « commission pour la vérité sur la dette grecque » a été mise sur pied ; elle commence ses travaux en ce début mai.
Athènes, de notre envoyée spéciale.- Quand il rencontre pour la première fois les responsables économiques de Syriza, en 2010, pour leur parler audit de la dette, l'accueil est plutôt froid. Yorgos Mitralias, militant depuis toujours, membre grec du CADTM (« Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde ») se trouve alors à Berlin, pour la préparation du forum social européen. Cet ancien journaliste économique en est convaincu : la totalité de la dette grecque n'est pas légitime, et elle est insoutenable à long terme. Yannis Dragasakis – aujourd'hui n° 2 du gouvernement – et Gabriel Sakellaridis – porte-parole de l'exécutif – l'écoutent poliment. Sa proposition ne sera pas retenue par le parti, qui siège alors à Athènes sur les bancs de l'opposition.
« À ce moment-là, je découvre l'ampleur de la dette grecque et le problème que cela pose à l'économie du pays, se souvient Yorgos Mitralias. Alors que le CADTM se concentrait par définition sur les dettes du tiers-monde, pour la première fois il s'agissait de restructurer la dette d'un pays de l'hémisphère Nord. Pour moi, l'instrument de l'audit s'avérait en outre pédagogique : il pouvait conduire, s'il était bien géré, à la question de la décision politique. »
samedi 2 mai 2015
Grèce : « Il est urgent de se préparer à une rupture envers les créanciers internationaux et nationaux… »
Editorial du 29 avril 2015 du quinzomadaire La gauche ouvrière, organe de DEA, composante de Syriza.
L’attitude des créanciers – qui mettent à profit la « tradition » de la désastreuse coalition gouvernementale de Samaras-Venizelos (juin 2012-janvier 2015) et des erreurs grossières qui entachent l’accord du 20 février accepté par le gouvernement dirigé par Syriza – conduit le pays vers un piège mortel. Celui d’une « obligation de payer complètement et à temps » les intérêts découlant de la dette publique, mais aussi celle conduisant l’Etat à faire face à ses devoirs envers la société (salaires, retraites, etc.) en mobilisant strictement ses ressources « internes », alors que nous faisons face à des restrictions strictes de la part du système bancaire pour ce qui a trait aux emprunts intérieurs.
Or, ce système bancaire a été « recapitalisé » grâce à des milliards d’euros par l’Etat, qui les a donc pris en charge par la dette publique et, par conséquent, a participé de manière fort importante à mettre en place la machine qui menace de nous garrotter aujourd’hui.
La récente loi adoptée par le Parlement [1] visant à rassembler les dernières ressources financières de l’ensemble du secteur public (municipalités, régions, hôpitaux…) et à les faire passer sous contrôle de la Banque nationale de Grèce – qui est toujours administrée, depuis juin 2014, par Yannis Stournaras, ancien ministre des Finances du gouvernement Samaras – prouve que le temps approche où le piège va se refermer [2].
Si le gouvernement ne trouve pas une « voie de sortie », il sera bientôt contraint de contracter un prêt afin de pouvoir payer les salaires et les retraites et non pas pour s’acquitter du paiement des intérêts de la dette. Et, alors, la pression politique sera extrême afin que le gouvernement Tsipras signe un troisième mémorandum (les deux premiers datent de mai 2010 et octobre 2011), ce qui est clairement l’exigence des créanciers comme condition « minimale » pour desserrer le nœud coulant.
Une telle évolution serait désastreuse pour le gouvernement – sous la forme de la mise en place d’un scénario favorable à sa « transformation » en un véritable gouvernement d’unité nationale – et catastrophique pour Syriza ; de même que pour les espoirs qui ont fleuri au cours de ces dernières années au sein des forces laborieuses de Grèce.
jeudi 30 avril 2015
En Irlande, après la crise ?, par Ingrid Hayes (Ensemble!)
En Irlande, le discours dominant insiste désormais sur la reprise et la baisse du taux de chômage (autour de 10% aujourd’hui). Dans un communiqué très récent, le FMI a encore adressé toutes ses félicitations à l’ex-tigre celtique, saluant le champion d’Europe de la croissance. Cependant, le pays reste à la merci de la prochaine crise financière internationale.
A noter : l'effondrement de 2008 est lié à éclatement de la bulle immobilière. On se souvient des « quartiers fantômes », résidences non terminées faute de moyens et d’acheteurs. La spéculation immobilière tourne aujourd'hui à vide : l'activité n'a pas repris sur ce terrain, le manque de logements est criant, notamment à Dublin, ce qui entraine une remontée des prix. L'austérité demeure un sujet au centre de l'actualité.
Venues incarner la lutte contre l’austérité, les mobilisations contre la taxe sur l'eau, massives ces derniers mois, ont récemment faibli, notamment parce que des concessions progressives ont été obtenues. Le projet de loi doit très prochainement être discuté au Parlement. La capacité de l’Etat à percevoir cette taxe est cependant loin d’être assurée.
Le "procès" des banques, et du gouvernement qui les a couvertes, est encore en cours. En 2008, le gouvernement a accepté de renflouer l'ensemble des banques, dont la plupart n'étaient plus solvables depuis longtemps. Leurs profits étaient en effet fondés sur des prêts accordés généreusement mais sans garantie, les bonus étant fonction de la taille des prêts, sans qu'il soit tenu compte de la capacité à rembourser.
lundi 27 avril 2015
Elections britanniques : les enjeux du 7 mai, par François Coustal (Ensemble!)
Le 7
mai prochain auront lieu au Royaume-Uni les « élections générales »,
c’est-à-dire l’élection des Membres du Parlement (députés). Elles
surviennent à l’issue d’un mandat assuré par un gouvernement de
coalition - entre le Parti conservateur et le Parti Libéral Démocrate –
dirigé par David Cameron et marqué par la mise en œuvre de politiques
d’austérité notamment en matière budgétaire et sociale.
Pour autant, même si les plus récents sondages témoignent plutôt d’une montée des travaillistes, la victoire de ce parti – dirigé par d’Ed Milliband - n’est pas assurée tant les travaillistes ont renâclé à prendre la tête des mobilisations populaires contre l’austérité… quand ils n’ont pas purement et simplement laissé entendre qu’ils poursuivraient ces politiques s’ils revenaient au pouvoir.
Ce scrutin soulève bien d’autres questions :
. Le Parti pour l’Indépendance du Royaume-Uni (UKIP), formation de droite extrême opposée à l’Union européenne et violemment hostile à l’immigration, va-t-il poursuivre sa progression électorale, malgré un scrutin majoritaire à un tour qui le désavantage fortement ?
. Le Parti travailliste, traditionnellement hégémonique en Ecosse, va-t-il y connaître une défaite majeure au profit du Parti national écossais, comme prix de son engagement aux côtés des Conservateurs et des Libéraux Démocrates lors du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse en Septembre dernier ? Et, en conséquence, le Parti national écossais va-t-il se trouver en position de force, capable de faire et de défaire les gouvernements britanniques ?
. La montée spectaculaire – en adhésions comme en popularité - des Partis Verts aussi bien en Ecosse qu’en Angleterre et au Pays de Galles va-t-elle se confirmer ?
dimanche 26 avril 2015
Un New Deal pour la Grèce, par Yanis Varoufakis, 24 avril 2015
ATHENES – Trois mois de négociations entre le gouvernement grec et nos partenaires européens et internationaux ont permis une grande convergence concernant les étapes nécessaires pour surmonter des années de crise économique et permettre une reprise durable en Grèce. Mais cela n’a pas encore abouti à un accord. Pourquoi ? Que faut-il de plus pour aboutir à un consensus sur un programme de réformes viable ?
Nous et nos partenaires sommes déjà d’accord sur bien des points. Il faut remanier le régime fiscal grec et affranchir les autorités responsables des recettes de toute influence des politiques et des entreprises. Le système de retraite est malade. Les circuits de crédit de l’économie sont brisés. Le marché du travail est dévasté par la crise et profondément segmenté, avec une croissance de la productivité au point mort. L’administration publique a un besoin urgent de modernisation et il faut utiliser plus efficacement les ressources publiques. D’énormes obstacles bloquent la création de nouvelles entreprises. La compétitivité des marchés productifs est beaucoup trop limitée. Les inégalités ont atteint des niveaux scandaleux, et empêchent la société de se rassembler derrière des réformes essentielles.
Ce consensus mis à part, un accord sur un nouveau modèle de développement pour la Grèce exige de surmonter deux obstacles. Premièrement, nous devons nous entendre sur la façon d’aborder la consolidation budgétaire de la Grèce.
Deuxièmement, nous avons besoin d’un accord commun sur un programme complet de réforme qui sous-tendra cette voie de consolidation et suscitera la confiance de la société grecque.
samedi 25 avril 2015
Cent ans après… Les enjeux de la reconnaissance du génocide arménien, par Jean Batou
Le 24 avril 2015 marque le 100e anniversaire du début du génocide arménien. Face au déni de l’État turc, les historiens ont mené une bataille pour faire triompher une vérité aujourd’hui indiscutable : la destruction des Arméniens d’Anatolie a été conçue, planifiée et exécutée méthodiquement. Cet article tente de cerner les causes de ce génocide et les enjeux actuels de sa reconnaissance.
Le 22 août 1939, Hitler confiait aux chefs de ses armées qu’il entendait semer la mort parmi les populations civiles polonaises, avant d’ajouter : « Après tout, qui parle aujourd’hui de l’anéantissement des Arméniens ? ». En effet, après les procès intentés par Istanbul aux principaux responsables des politiques d’extermination, dans l’immédiat après-guerre, en 1919-1922, sous pression des puissances victorieuses, le génocide arménien est vite tombé dans l’oubli.
Depuis la fondation de la Turquie kémaliste, en 1923, la version officielle d’Ankara n’a en effet pas varié : les Arméniens sont tombés victimes des rigueurs de la guerre, d’épidémies fatales et d’actes de violence isolés. L’Etat ottoman n’aurait donc eu aucune responsabilité dans cette hécatombe.
La mécanique du génocide
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