Ce n’est qu’au cours d’une récente tournée en France que j’ai appris qu’une délégation d’élus d’EELV est allée en Israël. Autant dire qu’en Israël, où je me trouvais au moment de la visite, on a fait peu cas de cette visite. Mais au sein d’EELV, elle a provoqué des remous, et à juste titre : ce parti comporte des milliers de militant/es sensibles au déni de droit dont sont victimes les Palestiniens et impliqués dans les combats contre la politique coloniale israélienne.
Une visite officielle d’élus n’est jamais une affaire personnelle et elle implique l’ensemble des militant/es. Comme l’ont ressenti de nombreux adhérents, cette dernière visite en Israël est tout simplement scandaleuse.
D’autant plus qu’elle était organisée par Elnet, structure dont l’objectif déclaré est de renforcer les liens entre Israël et l’Europe. Et le programme a bien reflété cet objectif.
Le fait que la délégation ait fait un détour par Ramallah et y rencontre quelques officiels ne fait qu’aggraver l’affaire, qui nous rappelle ces rares visiteurs de l’Afrique du Sud auxquels on faisait aussi visiter les Bantoustans et rencontrer leurs roitelets.
Notre organisation a diffusé le 5 juillet dernier, après quelques jours de débat, un premier communiqué sur ce qui se passe en Egypte.
Dans ce communiqué, nous avons voulu mettre en avant la pertinence du processus révolutionnaire en cours, sa portée à l'échelle mondiale. Et surtout, pointer le rôle de secteurs de la société égyptienne qui ne sont pas représentés par les médias de masse : les jeunes, les femmes, les travailleurs radicalisés avec leurs organisations syndicales indépendantes...
Ces secteurs, leurs « pratiques d'auto-organisation, d'autogestion et de citoyenneté active » pour la lutte, sont le plus important pour nous. Parce que « ce qui émerge de cette mobilisation populaire égyptienne » contribue au processus révolutionnaire.
Certains camarades ont signalé, à raison, que l'analyse devait être affinée, devant l'importance du processus égyptien et la gravité de la situation. Chose à laquelle s'emploiera spécifiquement notre publication Rouge & Vert.
Dans cette optique, je souhaite apporter ma contribution, à partir de notre communiqué et de l'analyse que nous faisons dans notre organisation sur les « révolutions longues ».
Ce mois de juin, le Brésil a été le théâtre d'une vague de manifestations et de mobilisations populaires seulement comparable aux manifestations de masse qui aboutirent à l'empêchement du président Fernando Collor en 1992, il y a plus de vingt ans. Des centaines de milliers de jeunes sont sortis dans la rue dans plus de 400 municipalités (on a compté 438 rassemblements) entre le 14 et le 20 Juin. Tout les États y compris le District Fédéral (État de Brasília NDLR) ont été touchés par le mouvement. Dans les capitales d'État comme Rio de Janeiro, Sao Paulo et Porto Alegre, la foule a atteint respectivement : 300 000, 100 000 et 20 000 participants.
La vague d'indignation des jeunes dans diverses parties du monde, des printemps arabes en passant par l'Europe, les États-Unis et le Chili est finalement arrivée dans notre pays qui jusqu'à présent était le «modèle» du développement et de la stabilité. Ce n'était qu'une illusion pour ceux qui connaissent la réalité profonde de l'inégalité sociale qui caractérise celui qui est le plus grand et le plus riche pays d'Amérique Latine.
L'indignation vient du secteur le plus touché par l'exploitation permanente du système, victime directe d'un modèle économique qui montre sans équivoque les limites des mesures des pouvoirs publics pour répondre aux attentes d'amélioration de la vie quotidienne de millions de jeunes.
En Turquie, depuis des années, le premier ministre Erdogan et l'AKP, son parti libéral et réactionnaire, mènent une politique de plus en plus autoritaire. Ils attaquent les droits sociaux, syndicaux et cherchent à faire régresser la situation des femmes.
Contre cela, depuis trois semaines, une mobilisation de masse défend les droits démocratiques, écologiques et sociaux. Son centre symbolique est la place Taksim à Istanbul et s'est étendue à l'ensemble du pays .
Ce mouvement s'est développé malgré l'extrême violence de la police, désormais épaulée par la gendarmerie et des miliciens de l'AKP pourvus d'armes blanches.
Erdogan et sa clique peuvent vouloir faire taire les médias qu’ils ne contrôlent pas, multiplier les menaces et réprimer, ils ne pourront pas effacer ce que ce mouvement sème chaque jour qui passe : le courage de résister collectivement à l'arbitraire, l'aspiration à la démocratie.
Le Front de Gauche salue fraternellement ce combat et ceux qui le mènent : avec les manifestants et les organisations démocratiques, il exige la libération des centaines de manifestants.
Mardi 11 juin, le porte-parole du gouvernement grec annonçait brutalement la fermeture immédiate, par décret, de l’audiovisuel public grec (ERT). Avec cette décision prise par un décret illégal, le gouvernement grec soutenu à bout de bras par les autorités européennes - la Troïka - accentue sa fuite en avant autoritaire vers la suppression des espaces de pluralisme et de démocratie.
L’objectif officiel de cette décision prise sous la pression de la Troïka est de couper encore davantage dans les dépenses publiques. Mais l’audiovisuel public grec dégage des excédents !
Cette mesure, qui entraîne le licenciement direct de 2656 travailleurs, est essentiellement politique: il s'agit d'éliminer un secteur revendicatif de la société et d'éradiquer le pluralisme dans l'audiovisuel. La télévision publique se distinguait en effet des chaînes privées par sa couverture des mouvements sociaux se programmes culturels et éducatifs.
Solidaires d'Amina Sbouï et de Pauline, Marguerite et Joséphine, militantes Femen, les associations et organisations signataires condamnent leur maintien en prison, le report de leurs procès et l'aggravation des chefs d'accusation qui pèsent sur elles, porte ouverte à des peines beaucoup plus lourdes.
Manifester pacifiquement pour une cause, celle des droits des femmes tunisiennes en l’occurrence, ne doit en aucun cas conduire en prison.
Nous exigeons leur libération immédiate et leur exprimons notre solidarité dans ces moments très difficiles.
Nous demandons au gouvernement français, à Laurent Fabius et à Najat Vallaud Belkacem de tout mettre en œuvre pour qu'elles soient libérées et qu'Amina vienne poursuivre ces études en France, comme elle le souhaite.
Qu’est-ce que la Troïka : FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne qui, ensemble, imposent au travers des prêts des mesures d’austérité aux pays en difficulté. ?
Il y a à peine un an, bien peu de monde pouvait répondre à cette question (dans l’Etat espagnol, NdT). On connaissait sa réputation, en rien flatteuse, pour ses agissements en Grèce. La Troïka était synonyme d’austérité, d’ajustements et de coupes ou, ce qui revient au même, de pénurie, de faim et de chômage.
Mais ce n’est pas avant son arrivée avec le « sauvetage » tellement nié de juin 2012 que les « hommes en noir » et la « Troïka » nous sont devenus familiers.
Aujourd’hui, un an après, les gens, excédés, sortent dans les rues pour dire haut et fort : « Troïka, go home ! ».
« Salut mes amis,
Je ne vais pas essayer de vous résumer nos 5 jours derniers infinis, je ne peux pas faire ça maintenant. Mais j’ai quelques mots à vous dire en urgence. Ce n’est plus un parc, une ville, un pays qui est en question. C’est la renaissance de l’espoir pour l’avenir, de la croyance aux peuples qui se révoltent et qui disent NON. C’est une réponse aux discours cliniques, aux cœurs froids, aux yeux fermés, aux âmes désespérées et aux pieds fatigués.
On a vu que l’Homme n’a pas besoin de l’air à respirer, du repas à manger, du lit pour dormir quand il est dans la bataille pour liberté.
À mon avis, les sacs poubelles sont les symboles de la résistance en Turquie. Après les guerres de rue, après avoir soigné leurs blessés, les manifestants commencent à distribuer des sacs poubelles et nettoyer les rues tous ensemble.
Car ce n’est pas juste une révolte contre quelqu’un. C’est la manifestation de l’envie de construire une autre vie plus propre, plus égalitaire, plus humaine.
Ne pensez pas qu’on a l’habitude de se battre corps à corps contre la police. Non, on apprend maintenant à penser aux biens communs plus qu'à nous-mêmes. On apprend à vaincre la peur et le désespoir tous ensemble.
Pour mes amis qui vivent à l’extérieur de la Turquie:
Je vous écris pour vous faire savoir ce qui s’est passé à Istanbul au cours des cinq derniers jours. Personnellement, je dois écrire cela parce que la plupart des sources médiatiques sont fermées par le gouvernement et le bouche à oreille et l’Internet sont les seuls moyens laissés pour nous de nous expliquer et demander de l’aide et du soutien.
Il y a quatre jours, un groupe de personnes qui n’appartenaient à aucune organisation ou idéologie spécifique se sont réunies dans le parc Gezi d’Istanbul. Parmi eux, il y avait beaucoup de mes amis et étudiants. Leur raison était simple: prévenir et protester contre la démolition prochaine du parc pour la construction encore d’un autre centre commercial au centre de la ville. Il existe de nombreux centres commerciaux à Istanbul, au moins un dans chaque quartier! L’abattage des arbres devait commencer tôt jeudi matin. Les gens sont allés au parc avec leurs couvertures, des livres et des enfants. Ils ont planté leurs tentes et ont passé la nuit sous les arbres. Tôt le matin lorsque les bulldozers ont commencé à tirer sur les arbres centenaires. Les militants se sont levés contre eux pour arrêter l’opération.
Ils n’ont rien fait d’autre que de rester devant les machines.
1) Le problème du Portugal est d’ordre démocratique. Ce problème, c’est la réponse démocratique au chantage sur la dette et l’austérité qui en découle, dont les effets sociaux détruisent le Portugal. Tel est le problème des problèmes.
2) Si l’on ne gagne pas la guerre contre la dette, le Portugal va vivre une période de désagrégation sociale, liée au transfert des rentes financières garanties sur les impôts d’aujourd’hui et de demain, accentuant ainsi le projet libéral de recul croissant du Travail face au Capital.
3) C’est autour de cette question de la dette qu’ont été organisés les deux changements majeurs intervenus dans la politique portugaise cette année : d’une part le Congrès des Alternatives qui a mobilisé les différentes plateformes politiques contre la dette ; d’autre part les deux manifestations qui ont mobilisé les convergences populaires contre la dette sous le mot d’ordre : « Que la Troïka aille se faire voir ! » (« Que se lixe a Troïka ! »).
4) Aucun de ces changements n’aurait été possible sur un autre thème que le refus du chantage à la dette. Toutes les autres questions divisent. Par intelligence politique et par leur volonté d’unité, ces plateformes contre la banqueroute se sont construites de la façon la plus inclusive et mobilisatrice qui soit. Abandonner, dévaloriser ou diviser ce processus en marche serait un désastre pour la gauche.