Le 24 septembre passé, les élections régionales se sont déroulées en Galice et dans la Communauté autonome basque. Dans les deux régions, le parti socialiste (PSOE) continue sa chute et pousse vers la sortie son secrétaire général.
Pays Basque : l’autodétermination s’affirme
Le Parti Nationaliste Basque (PNV), centre-droite autonomiste, gagne son pari. Le résultat des élections anticipées confirme le soutien dont jouit le parti, qui récupère de nombreuses voix des électeurs·trices des partis unionistes et augmente son total de voix et ses sièges (28 sur 75).
EH BILDU, coalition de la gauche indépendantiste, fait également un bon score et se confirme deuxième force (18 sur 75), malgré l’interdiction judiciaire faite à son leader, Arnaldo Otegi, de se présenter.
samedi 22 octobre 2016
mercredi 19 octobre 2016
Contre les bombardements en Syrie et au Yémen ! , par Gilbert Achcar
L’opinion politique arabe se divise en deux catégories principales.
Il y a, d’un côté, ceux qui condamnent les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes de Syrie par le régime et son maître russe tout en restant silencieux au sujet des bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes yéménites par la coalition conduite par l’Arabie saoudite, lorsqu’ils ne les soutiennent pas.
De l’autre, il y a ceux qui condamnent les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes du Yémen par la coalition menée par l’Arabie saoudite alors qu’ils se taisent sur les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes de Syrie par le régime et son maître russe, lorsqu’ils ne les soutiennent pas.
Il y a, d’un côté, ceux qui condamnent les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes de Syrie par le régime et son maître russe tout en restant silencieux au sujet des bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes yéménites par la coalition conduite par l’Arabie saoudite, lorsqu’ils ne les soutiennent pas.
De l’autre, il y a ceux qui condamnent les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes du Yémen par la coalition menée par l’Arabie saoudite alors qu’ils se taisent sur les bombardements destructeurs et meurtriers des villes et des campagnes de Syrie par le régime et son maître russe, lorsqu’ils ne les soutiennent pas.
mardi 18 octobre 2016
Colombie. Un Etat (faible), deux pays (forts), par Raúl Zibechi
La déroute fracassante du processus de paix lors du référendum de
dimanche 2 octobre 2016 dernier montre qu’il ne suffit pas de signer des
accords pour sceller la réconciliation. La Colombie est divisée en deux
moitiés qui ne se reconnaissent pas, et ne se reconnaîtront pas, parce
qu’elles ont besoin de manières de se retrouver et de dialoguer qui ne
soient pas du style du processus de La Havane, élitiste et distant.
Les deux Colombie(s) qui se sont heurtées dimanche 2 octobre incarnent deux mondes qui se craignent. C’est une réalité qui précède, de beaucoup, le positionnement idéologique et a engendré des distances culturelles sur lesquelles prennent forme les divergences politiques. Ces deux mondes ont eu plus d’effet que les longues négociations entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) à La Havane. Cette réalité de ces deux mondes a survolé l’appui international massif à la signature de la paix et a déjoué le plus sérieux et ferme effort de surmonter une guerre civile de 52 années.
Les deux Colombie(s) qui se sont heurtées dimanche 2 octobre incarnent deux mondes qui se craignent. C’est une réalité qui précède, de beaucoup, le positionnement idéologique et a engendré des distances culturelles sur lesquelles prennent forme les divergences politiques. Ces deux mondes ont eu plus d’effet que les longues négociations entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) à La Havane. Cette réalité de ces deux mondes a survolé l’appui international massif à la signature de la paix et a déjoué le plus sérieux et ferme effort de surmonter une guerre civile de 52 années.
dimanche 16 octobre 2016
Guerre et paix : Remarques et questions, par Ben Cramer et Louis Aminot
Le feu
s’ouvre à Mossoul en Irak.
Cela saute
aux yeux, il y a aujourd'hui un « dérèglement géopolitique ». Selon
nous, la situation présente exige que nous le prenions en compte .... Quelques
exemples :
a) Vers
une nouvelle guerre froide ? Quelles leçons n'avons-nous pas tirées de l'effondrement
du Mur de Berlin. Quelles erreurs ont été commises par l'Occident depuis 25 ans
? Que sont devenus les militants qui ont combattu les euromissiles ? N’avaient-ils
pas compris qu’il ne fallait pas humilier la Russie qui avait officiellement
perdu la guerre froide ? N’avaient-ils pas compris qu'il ne fallait pas
réarmer et étendre l'OTAN ? Même si nous savons que Moscou et Washington jouent
à se faire peur et cherchent surtout à effrayer les petits peuples ....
mercredi 12 octobre 2016
Jeremy Corbyn, le contretemps. Sur la crise du parti travailliste britannique en 2016, par Thierry Labica
Dans ce premier article d’une série sur la situation politique en
Grande-Bretagne, Thierry Labica revient sur ce qu’il est advenu du
parti travailliste depuis l’arrivée à sa tête de Jeremy Corbyn, militant
de son aile gauche mais aussi animateur de longue date du mouvement
anti-guerre et pour le désarmement nucléaire.
Depuis bientôt un an, le rapprochement a souvent été fait entre l’audience exceptionnelle de la campagne du candidat du parti démocrate, Bernie Sanders, aux Etats-Unis et l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique et, par là même, de l’opposition parlementaire travailliste au gouvernement conservateur au pouvoir. Là où la possibilité même d’une gauche politique reconnaissable semblait avoir depuis longtemps disparu, les audiences de masse du candidat de la gauche démocrate et de celui de la gauche travailliste sont venues infléchir, et peut-être déstabiliser, une partie au moins des normes idéologiques qui depuis les années 1980 ont défini l’ordre de l’audible en politique.
Depuis bientôt un an, le rapprochement a souvent été fait entre l’audience exceptionnelle de la campagne du candidat du parti démocrate, Bernie Sanders, aux Etats-Unis et l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique et, par là même, de l’opposition parlementaire travailliste au gouvernement conservateur au pouvoir. Là où la possibilité même d’une gauche politique reconnaissable semblait avoir depuis longtemps disparu, les audiences de masse du candidat de la gauche démocrate et de celui de la gauche travailliste sont venues infléchir, et peut-être déstabiliser, une partie au moins des normes idéologiques qui depuis les années 1980 ont défini l’ordre de l’audible en politique.
mardi 11 octobre 2016
La dette grecque : le monde sans pitié de l’Eurogroupe, par Romaric Godin (La Tribune)
L’Eurogroupe n’a versé qu’une partie de la tranche prévue à la Grèce. Un nouveau geste de défiance envers le gouvernement grec.
L’Eurogroupe n’est pas tendre avec le gouvernement grec. La délégation hellénique se rendait pourtant à Bruxelles lundi 10 octobre avec l’espoir de voir se débloquer les 2,8 milliards d’euros de la tranche du programme prévue pour cet automne. Alexis Tsipras, le premier ministre grec, avait réussi, non sans peine, à faire accepter les 15 « mesures préliminaires » exigées par les créanciers. Du reste, les 18 autres ministres des Finances en ont convenu et ont applaudi. Mais ils n’ont libéré que 1,1 milliard d’euros sur les 2,8 milliards prévus.
L’Eurogroupe n’est pas tendre avec le gouvernement grec. La délégation hellénique se rendait pourtant à Bruxelles lundi 10 octobre avec l’espoir de voir se débloquer les 2,8 milliards d’euros de la tranche du programme prévue pour cet automne. Alexis Tsipras, le premier ministre grec, avait réussi, non sans peine, à faire accepter les 15 « mesures préliminaires » exigées par les créanciers. Du reste, les 18 autres ministres des Finances en ont convenu et ont applaudi. Mais ils n’ont libéré que 1,1 milliard d’euros sur les 2,8 milliards prévus.
dimanche 9 octobre 2016
Syrie. Quatre ans. Plus long que la guerre d'Espagne. par Vincent Présumey
Voici maintenant quatre ans
qu'une insurrection populaire pour la démocratie éclatait en Syrie, dans le
prolongement des révolutions tunisienne et égyptienne, quatre ans que la «
gauche », y compris souvent la plus « à gauche », se tait ou soutient ouvertement
la dictature, suivant tout un panel de propos allant du « c'est bien compliqué
tout cela ma petite dame » à « mieux vaut un tyran laïque et anti-impérialiste
qui tue tout le monde que des islamistes » en passant par « c'est louche et
compliqué quand même cette rébellion ».
samedi 1 octobre 2016
Espagne. Crise du PSOE. Entre résignation et nostalgie de l’«hégémonie perdue», par Jaime Pastor
Dans toute l’Europe, malgré les changements pleins d’espoirs comme la
victoire de Jeremy Corbin dans le Parti travailliste britannique [voir sur ce site les articles publiés en date du 27 septembre 2016],
la crise de la social-démocratie, étroitement liée à celle de l’Union
européenne, se révèle difficilement réversible. La crise qui touche sa
composante espagnole, le Parti socialiste ouvrier espagnol, révèle des
particularités qui se manifestent déjà par des risques croissants de
fracture interne [qui se sont exacerbés ces derniers jours], en plein
changement d’époque et de cycle que nous sommes en train de vivre.
Le défi que l’actuel secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, a lancé aux directions de certaines des fédérations socialistes les plus importantes, et particulièrement à la très puissante fédération de l’Andalousie [dirigée par Susana Diaz], en les mettant en demeure de devoir concourir lors de primaires pour l’élection du secrétaire général le prochain 23 octobre et lors d’un congrès la première semaine de décembre, constitue sans aucun doute un fait inédit dans l’histoire de ce parti.
Le défi que l’actuel secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, a lancé aux directions de certaines des fédérations socialistes les plus importantes, et particulièrement à la très puissante fédération de l’Andalousie [dirigée par Susana Diaz], en les mettant en demeure de devoir concourir lors de primaires pour l’élection du secrétaire général le prochain 23 octobre et lors d’un congrès la première semaine de décembre, constitue sans aucun doute un fait inédit dans l’histoire de ce parti.
mercredi 28 septembre 2016
Allemagne. Elections à Berlin. Erosion des partis du «juste milieu», par Manuel Kellner
Les
élections dans le Land de Berlin (élections régionales) confirment des
tendances lourdes apparues lors de celles qui se sont déroulées dans le
Land de Mecklenburg-Vorpommern (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale) deux
semaines avant.
Avant tout, l’AfD (Alternative für Deutschland, l’Alternative pour l’Allemagne) – le parti de droite extrême et d’extrême droite – se présentait pour la première fois dans ce Land. Il obtient 14, 2% des voix. C’est beaucoup dans une grande ville. Les partis établis sont, dorénavant, qualifiés «d’anciens – d’ex-partis populaires» («ehemalige Volksparteien») dans les grands médias. [L’AfD siège dans les assemblées de dix des seize Länder.]
Avant tout, l’AfD (Alternative für Deutschland, l’Alternative pour l’Allemagne) – le parti de droite extrême et d’extrême droite – se présentait pour la première fois dans ce Land. Il obtient 14, 2% des voix. C’est beaucoup dans une grande ville. Les partis établis sont, dorénavant, qualifiés «d’anciens – d’ex-partis populaires» («ehemalige Volksparteien») dans les grands médias. [L’AfD siège dans les assemblées de dix des seize Länder.]
mardi 27 septembre 2016
Podemos face au défi européen. Entretien avec Josep Maria Antentas
Malgré
son succès, Podemos refuse toujours d’aborder sérieusement la question
de l’Union européenne et de ce qu’il faudrait faire pour transformer
véritablement l’Espagne.
En Espagne, la réaction populaire contre l’austérité qui a commencé avec le mouvement des Indignés – communément appelé 15-M, en référence au 15 mai, le jour du début des manifestations en 2011 – a permis l’émergence de formations politiques nouvelles bénéficiant d’un large soutien. Podemos, un parti qui a émargé à partir du mouvement 15-M, est un nouvel acteur majeur dans la scène politique nationale.
En décembre 2015, pour la première fois depuis la fin de la dictature franquiste en 1977, les élections générales espagnoles n’ont pas réussi à produire de majorité parlementaire. Podemos a recueilli environ 20% des voix, juste derrière la droite du Parti Populaire (PP) et le Parti Socialiste (PSOE). Aucune coalition n’ayant pu se former, de nouvelles élections ont été annoncées pour juin 2016.
Avant la tenue de ce second scrutin, Podemos a conclu une alliance avec la Gauche Unie (IU), une coalition issue des partis historiques de la gauche espagnole. Mais cette nouvelle coalition, appelée Unidos Podemos, n’a pas réussi à mobiliser sa base et le PP a gagné les élections à la suite de ce second vote.
En Espagne, la réaction populaire contre l’austérité qui a commencé avec le mouvement des Indignés – communément appelé 15-M, en référence au 15 mai, le jour du début des manifestations en 2011 – a permis l’émergence de formations politiques nouvelles bénéficiant d’un large soutien. Podemos, un parti qui a émargé à partir du mouvement 15-M, est un nouvel acteur majeur dans la scène politique nationale.
En décembre 2015, pour la première fois depuis la fin de la dictature franquiste en 1977, les élections générales espagnoles n’ont pas réussi à produire de majorité parlementaire. Podemos a recueilli environ 20% des voix, juste derrière la droite du Parti Populaire (PP) et le Parti Socialiste (PSOE). Aucune coalition n’ayant pu se former, de nouvelles élections ont été annoncées pour juin 2016.
Avant la tenue de ce second scrutin, Podemos a conclu une alliance avec la Gauche Unie (IU), une coalition issue des partis historiques de la gauche espagnole. Mais cette nouvelle coalition, appelée Unidos Podemos, n’a pas réussi à mobiliser sa base et le PP a gagné les élections à la suite de ce second vote.
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