Alexandre Araujo Costa : Pendant longtemps, les organisations de gauche n’ont pas accordé beaucoup d’attention aux questions environnementales en général, mais au moins depuis le 15e Congrès, la Quatrième Internationale semble s’inquiéter de plus en plus de la dite «crise écologique». Qu’est ce qui a changé ?
Daniel Tanuro : En effet, la plupart des
organisations de gauche ont manqué le rendez-vous dans les années 1960,
quand la dite « crise écologique » a émergé comme une nouvelle question
d’intérêt social général (on peut d’ailleurs fixer une date symbolique
de cette émergence : le livre de Rachel Carson, « Le Printemps
Silencieux », publié en 1962). La raison principale, je pense, est que
ces organisations étaient concentrées principalement sur les guerres et
révolutions anticoloniales dans les pays dominés (Cuba, Algérie, Vietnam
…), sur les mouvements de masse contre la bureaucratie à l’Est
(Pologne, Hongrie) et sur la convergence de la radicalisation des jeunes
et des travailleurs en Occident (Mai 68, le « mai rampant italien de 69
»,…).
mardi 14 mars 2017
mardi 21 février 2017
Podemos joue à pierre-feuille-ciseaux, par Pierre Marion (Ensemble!)
Le
11 et 12 février s’est tenu à Madrid le deuxième congrès de Podemos,
plus connu sous le nom de Vistalegre II. Après une campagne incertaine
et marquée par de fortes tensions entre les deux principaux courants,
Pablo Iglesias s’est vue renforcé en obtenant la majorité absolue des
voix. Radicalité en externe et pratiques plébiscitaires en interne sont
les deux lignes principales de son projet.
La communication occupe une place centrale pour les stratèges du parti violet. Vistalegre II n’a pas échappé à la règle. Héritière d’une tradition marxiste révolutionnaire ouverte, Podemos en Movimiento, la candidature structurée autour d’Anticapitalistas, continue de lever le poing. La candidature d’Iñigo Errejon, a fait, elle, le « V » de la victoire. Représentant d’un « populisme constructiviste profond » selon l’expression de Josep Maria Antentas1, à la recherche d’une certaine normalisation et respectabilité, le « V » est symptomatique d’un secteur qui met en avant les contenus dépolitisant – les signifiants vides d’Ernest Laclau. Au milieu, Pablo Iglesias, a choisi, lui, de brandir une main ouverte en signe de ralliement. Hybridation entre eurocommunisme et populisme instrumental, le courant du secrétaire général oscille entre un côté et l’autre de la balance. Que l’on ait supporté l’une ou l’autre des candidatures, on a donc levé le poing, une main ouverte ou écarté deux doigt pour former un « V » ; ce qui a parfois fait prendre à Vistalegre II des allures de pierre-feuille-ciseaux géant.
La communication occupe une place centrale pour les stratèges du parti violet. Vistalegre II n’a pas échappé à la règle. Héritière d’une tradition marxiste révolutionnaire ouverte, Podemos en Movimiento, la candidature structurée autour d’Anticapitalistas, continue de lever le poing. La candidature d’Iñigo Errejon, a fait, elle, le « V » de la victoire. Représentant d’un « populisme constructiviste profond » selon l’expression de Josep Maria Antentas1, à la recherche d’une certaine normalisation et respectabilité, le « V » est symptomatique d’un secteur qui met en avant les contenus dépolitisant – les signifiants vides d’Ernest Laclau. Au milieu, Pablo Iglesias, a choisi, lui, de brandir une main ouverte en signe de ralliement. Hybridation entre eurocommunisme et populisme instrumental, le courant du secrétaire général oscille entre un côté et l’autre de la balance. Que l’on ait supporté l’une ou l’autre des candidatures, on a donc levé le poing, une main ouverte ou écarté deux doigt pour former un « V » ; ce qui a parfois fait prendre à Vistalegre II des allures de pierre-feuille-ciseaux géant.
lundi 13 février 2017
Podemos face à lui-même, par Josep Maria Antenas (suvi Notes à l'issue du congrès)
Ce week-end a lieu le congrès de Podemos, durant lequel
d’importantes décisions vont être prises concernant l’avenir du
mouvement. Josep Maria Antentas revient ici sur la trajectoire de Podemos et sur les débats stratégiques qui s’imposent dans la conjoncture présente.
Josep María Antentas est professeur de sociologie à l’Universitat Autónoma de Barcelone et membre du comité éditorial de la revue Viento Sur.
Le deuxième congrès de Podemos qui est programmé pour les 11 et 12 février, en guise de catharsis interne et externe, condense tous les débats stratégiques du parti qui ont émergé abruptement après l’éclatement de son équipe de direction en mars 2016. La rupture au sommet a rendu visibles les discussions qui jusque-là n’existaient que sous une forme larvée et balbutiante et/ou n’étaient le fait que des minorités critiques qui se sont toujours opposées au modèle de parti et à la stratégie codifiés lors du premier congrès de Vistalegre en octobre 2014. Nous analyserons dans cet article la nature des options internes en lice (pas tant leurs propositions concrètes pour le congrès que leurs positions politiques de fond) et nous dresserons un bilan du modèle de parti adopté à Vistalegre d’un point de vue organisationnel.
Josep María Antentas est professeur de sociologie à l’Universitat Autónoma de Barcelone et membre du comité éditorial de la revue Viento Sur.
Le deuxième congrès de Podemos qui est programmé pour les 11 et 12 février, en guise de catharsis interne et externe, condense tous les débats stratégiques du parti qui ont émergé abruptement après l’éclatement de son équipe de direction en mars 2016. La rupture au sommet a rendu visibles les discussions qui jusque-là n’existaient que sous une forme larvée et balbutiante et/ou n’étaient le fait que des minorités critiques qui se sont toujours opposées au modèle de parti et à la stratégie codifiés lors du premier congrès de Vistalegre en octobre 2014. Nous analyserons dans cet article la nature des options internes en lice (pas tant leurs propositions concrètes pour le congrès que leurs positions politiques de fond) et nous dresserons un bilan du modèle de parti adopté à Vistalegre d’un point de vue organisationnel.
vendredi 10 février 2017
Une menace globale – La place du trumpisme dans l’histoire, par Daniel Tanuro
Trump
a un projet : gérer les Etats-Unis comme une grande entreprise,
transformer celle-ci en forteresse du « capitalisme judéo-chrétien », la
restructurer à la hussarde, puis lui rendre une hégémonie mondiale sans
partage. Harcèlement du personnel, brutalité avec les concurrents, déni
des externalités environnementales sont simplement copiés/collés du
niveau de son business à celui de la société. Milliardaire populiste
inculte, nationaliste, raciste, sexiste, homophobe, islamophobe,
antisémite, Trump ambitionne de remodeler la société US et la carte du
monde au marteau, en faisant fi de ce qui existe et en brisant ce qui
résiste.
Diverses fractions de la classe dominante suivent les foucades du nouveau Président avec inquiétude. Pourront-elles le canaliser ? Devront-elles s’en défaire ? Les deux options sont ouvertes. Mais une troisième ne peut être exclue : que le boutefeu, par une fuite en avant, fasse basculer le monde dans un cauchemar de guerre et de désastre climatique.
Diverses fractions de la classe dominante suivent les foucades du nouveau Président avec inquiétude. Pourront-elles le canaliser ? Devront-elles s’en défaire ? Les deux options sont ouvertes. Mais une troisième ne peut être exclue : que le boutefeu, par une fuite en avant, fasse basculer le monde dans un cauchemar de guerre et de désastre climatique.
mercredi 1 février 2017
Etat espagnol. Podemos et le Congrès de Vistalegre II : se refonder sans se dénaturer, par Jaime Pastor
«Y advertid, hijo, que vale más buena esperanza que ruin posesión, y buena queja que mala paga», Don Quijote de la Mancha, Miguel de Cervantes
[Et prenez garde, mon fils, que mieux vaut bonne espérance que mauvaise possession, et bonne plainte que mauvais payement. Deuxième volume, chapitre 7, traduction billingue, Duke University]
La tenue prochaine de l’Assemblée de Podemos (10-11-12 février 2017) apparaît comme le moment le plus critique de la brève existence – mais à un rythme accéléré – de Podemos. Cette assemblée se tient alors que l’équipe dirigeante a reconnu que la « guerre éclair » initiée suite aux élections européennes de mai 2014 n’est pas parvenue à remplir son objectif : remporter les élections générales et être en position de gouverner.
La tenue prochaine de l’Assemblée de Podemos (10-11-12 février 2017) apparaît comme le moment le plus critique de la brève existence – mais à un rythme accéléré – de Podemos. Cette assemblée se tient alors que l’équipe dirigeante a reconnu que la « guerre éclair » initiée suite aux élections européennes de mai 2014 n’est pas parvenue à remplir son objectif : remporter les élections générales et être en position de gouverner.
vendredi 27 janvier 2017
Manifestations du 21 janvier aux Etats-Unis : le jour de protestation le plus important de l’histoire américaine, par Socialist Worker
Elles sont venues par centaines et par milliers à Washington, Department of Columbia, remplissant des trains, des cars, des minibus et des voitures. Elles ont recouvert les rues et les parcs d’un torrent d’humanité inondant l’Esplanade nationale [1] afin d’exprimer leur colère et leur tristesse face à l’accession à la présidence de Donald Trump, mais aussi leur bonheur de se retrouver les unes les autres.
Des scènes similaires se sont reproduites dans les villes et localités à travers tous les Etats-Unis, faisant du 21 janvier le jour de protestation le plus important de l’histoire américaine : plus de 3,3 millions de participant·e·s, si l’on se base sur une tentative de recueillir des informations sur internet de toutes les protestations [cette même source indique comme estimation haute une participation de 4,6 millions] [2].
Des scènes similaires se sont reproduites dans les villes et localités à travers tous les Etats-Unis, faisant du 21 janvier le jour de protestation le plus important de l’histoire américaine : plus de 3,3 millions de participant·e·s, si l’on se base sur une tentative de recueillir des informations sur internet de toutes les protestations [cette même source indique comme estimation haute une participation de 4,6 millions] [2].
jeudi 26 janvier 2017
L’alliance Trump-Netanyahou, un danger mortel pour la Palestine !
D.Trump à peine installé à Washington, B. Netanyahou, qui n’attendait que cette nomination, annonce la construction de 566 logements à Jérusalem en contradiction totale avec la récente résolution 2334 votée à l’ONU interdisant de nouvelles constructions dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.
Et ce n’est qu’un début ! Un plan « ambitieux » est annoncé de construction de 11000 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
La politique pro-israélienne annoncée par D.Trump pendant la campagne électorale étasunienne (soutien à la colonisation, projet de transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem correspondant à une reconnaissance implicite quoi qu’illégale de son annexion à Israël) contribuera à enterrer définitivement le processus d’Oslo déjà moribond de création d’un Etat de Palestine à côté d’Israël dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.
Et ce n’est qu’un début ! Un plan « ambitieux » est annoncé de construction de 11000 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
La politique pro-israélienne annoncée par D.Trump pendant la campagne électorale étasunienne (soutien à la colonisation, projet de transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem correspondant à une reconnaissance implicite quoi qu’illégale de son annexion à Israël) contribuera à enterrer définitivement le processus d’Oslo déjà moribond de création d’un Etat de Palestine à côté d’Israël dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.
vendredi 20 janvier 2017
Donald Trump, l’Union européenne et le climat, par Pierre Marion
Les preuves du basculement climatique, pour reprendre l’expression de
Daniel Tanuro, se font chaque jour plus évidentes. 2016 a battu le
record de l’année la plus chaude depuis le début des mesures de la
température terrestre1.
Dans le même temps, la planète enregistre un recul sans précédent de
ses banquises. La couverture mondiale de glace de mer a accusé l’année
dernière une perte de plus de trois millions de kilomètres carrés par
rapport à la moyenne 1981-20102.
Autre indicateur notable, celui du « jour du dépassement global », qui mesure le différentiel sur une année entre les ressources consommées par l’humanité et celle produite par la Terre. Le résultat est clair : en moins de huit mois, l’humanité a consommé la totalité du budget écologique annuel de la Terre3. L’intérêt de cet indicateur est qu’il permet également de souligné les responsabilités différenciées entre pays du Nord et pays du Sud, et au sein de ceux-ci entre classes sociales aisées et classes sociales défavorisées.
Autre indicateur notable, celui du « jour du dépassement global », qui mesure le différentiel sur une année entre les ressources consommées par l’humanité et celle produite par la Terre. Le résultat est clair : en moins de huit mois, l’humanité a consommé la totalité du budget écologique annuel de la Terre3. L’intérêt de cet indicateur est qu’il permet également de souligné les responsabilités différenciées entre pays du Nord et pays du Sud, et au sein de ceux-ci entre classes sociales aisées et classes sociales défavorisées.
lundi 9 janvier 2017
Afrique-du-Sud : la nation arc-en-ciel dans la tourmente, par Jacqueline Dérens
L’Afrique du Sud, après avoir suscité un enthousiasme à la hauteur de sa victoire contre le régime d’apartheid, avec un hommage à la limite de l’adoration pour Nelson Mandela, semble aujourd’hui oubliée, sauf pour signaler les frasques de son actuel président. C’est omettre que colonialisme et régime d’apartheid, plus de 350 ans d’une histoire de violence et de mépris, ne s’effacent pas d’un revers de main, ni même par un bulletin de vote. Inégalités, racisme, sexisme sont encore bien là, en dépit des progrès réalisés. Il y a encore beaucoup de montagnes à franchir au pays de Mandela et l’African national congress (ANC) ne semble plus à la hauteur des défis à relever.
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