«Afin d’empêcher un “dommage irréparable”, le PP saisit la Cour constitutionnelle [Tribunal constitutionnel] sur le Statut de la Catalogne». Voici le titre du quotidien El País le 1er août 2006 au sujet du recours présenté par les dirigeants de ce parti (Parti populaire de Mariano Rajoy) au Tribunal constitutionnel contre la réforme du Statut qui avait été adoptée au Parlement catalan avant d’être partiellement amputée par le Parlement espagnol, puis finalement approuvée par référendum en Catalogne.
La résolution du Tribunal constitutionnel annulera presque quatre ans [2010] plus tard 14 articles du Statut de la Catalogne [statut catalan] et en interprétera de manière restrictive 27 autres. Rajoy, Acebes [ministre de l’intérieur entre 2002 et 2004, puis président du PP entre 2004 et 2008] et Sáenz de Santamaría [actuelle vice-présidente du gouvernement], bien qu’ils ne furent pas pleinement satisfaits, applaudirent cette décision alors que José Luis Rodríguez Zapatero [PSOE], alors président du gouvernement [entre 2004 et 2011], constatait que ce dénouement signifiait «la fin de la décentralisation politique».
dimanche 17 septembre 2017
lundi 11 septembre 2017
Notre Révolution russe, par Charles Michaloux et François Sabado
Cet article, retour critique sur les leçons de la Révolution russe, est écrit par deux responsables français de la 4ème internationale, Charles Michaloux, adhérent d'Ensemble!, et François Sabado, adhérent du NPA. Il représente une réflexion et une inflexion importante de la 4ème internationale sur le bilan de la révolution majeure du 20ème siècle et, à ce titre, intéresse toutes celles et ceux qui ne renoncent pas à changer le monde. Cet article est paru initialement dans l'excellente revue ContreTemps.Le centenaire de la Commune de Paris, en mai 1971 à Paris, fut marqué par un grand défilé où l’énergie toute proche de Mai 68 flottait dans l’air du printemps parisien devant le cimetière du Père-Lachaise et son Mur des Fédérés. C’était la célébration d’un événement fondateur mais conclu par une défaite. Le souvenir du massacre des Communards par les Versaillais et la bourgeoisie parisienne donnait certes toute sa gravité à ce centenaire ; il était pourtant empreint d’une espérance joyeuse pour la jeunesse qui marchait ce jour-là.
mardi 22 août 2017
Venezuela. Contre l’interventionnisme et les menaces militaires impérialistes, par Marea Socialista
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, vient d’annoncer [vendredi 11 août] qu’il considère recourir à « l’option militaire » pour expulser le président Nicolás Maduro du pouvoir.
La menace d’une possible opération militaire contre le Venezuela a été précédée de l’adoption de sanctions économiques unilatérales. Il semble peu probable qu’il y ait une invasion militaire directe ; mais le gouvernement Maduro est soumis à un tel chantage pour qu’il cède plus. Il est toutefois évident qu’il y a une escalade face à un acteur qui apparaît comme gênant.
Ce que Trump souhaite vraiment écraser, c’est l’impertinence de la révolution bolivarienne.
Marea Socialista s’oppose fermement aux menaces militaires de Trump, à toute ingérence du gouvernement d’Amérique du Nord, ainsi qu’aux sanctions économiques. Nous serrons les rangs aux côtés de notre peuple vénézuélien indigné et valeureux, faisant appel à la lutte indépendantiste victorieuse qui fit de nous une nation libre.
La menace d’une possible opération militaire contre le Venezuela a été précédée de l’adoption de sanctions économiques unilatérales. Il semble peu probable qu’il y ait une invasion militaire directe ; mais le gouvernement Maduro est soumis à un tel chantage pour qu’il cède plus. Il est toutefois évident qu’il y a une escalade face à un acteur qui apparaît comme gênant.
Ce que Trump souhaite vraiment écraser, c’est l’impertinence de la révolution bolivarienne.
Marea Socialista s’oppose fermement aux menaces militaires de Trump, à toute ingérence du gouvernement d’Amérique du Nord, ainsi qu’aux sanctions économiques. Nous serrons les rangs aux côtés de notre peuple vénézuélien indigné et valeureux, faisant appel à la lutte indépendantiste victorieuse qui fit de nous une nation libre.
vendredi 11 août 2017
Etat espagnol. De la caste au gouvernementalisme, de la «cal viva» au gouvernement alternatif, par Manuel Gari
Les trois mouvements tactiques qui sont apparus au sein de Podemos au cours de la troisième semaine de juillet obligent à réfléchir à la nature de la plaque tectonique sur laquelle se trouve Podemos en tant que force du changement. Je fais ici référence à ceux qui sont liés à l’hypothèse de l’entrée dans des gouvernements [de régions autonomes] aux côtés du PSOE. Sur ce sujet, le nombre d’articles et de commentaires est incalculable. Un grand nombre d’entre eux de nature tactique et seulement quelques-uns de portée stratégique, alors que ce thème requiert cette dimension. Au nombre de ceux qui règlent la focale sur la stratégie, il convient de souligner le bon article des députés de Podemos à l’Assemblée législative de la Communauté autonome de Madrid, Isidro López et Raúl Camargo, intitulé L’erreur historique des accords de gouvernement avec le PSOE et traduit sur ce site.
La science politique traditionnelle peut considérer qu’il est naturel que deux partis conviennent de gouverner ensemble, mais c’est là oublier ce qui a donné naissance à Podemos suite aux slogans «ils ne nous représentent pas» du 15M tout comme la nature même du PSOE qui, en dépit des changements réalisés au sein de sa direction, continue à être une pièce de stabilisation du régime de 1978 ainsi qu’une béquille indispensable aux éléments fondamentaux des politiques néolibérales.
mardi 27 juin 2017
Catastrophes naturelles ? – Incendies meurtriers au Portugal : le business de l’eucalyptus et l’austérité européenne accusés
Après le
grave incendie de Pedrógão Grande, qui a fait 64 morts ce week-end au
Portugal, la population tente de comprendre. Pour João Camargo,
spécialiste du changement climatique à Lisbonne, il faut cesser les
politiques qui ont conduit, en raison de l’austérité notamment, au
démantèlement et à la libéralisation des services publics forestiers.
Les
images du violent incendie qui a ravagé pendant plusieurs jours le
centre du Portugal cette semaine, à la suite d’un orage sec, ont soulevé
beaucoup de questions. Le drame humain sans précédent - 64 morts, plus
de 200 blessés - est venu interroger dans la douleur, au milieu des
cendres, des voitures calcinées et des corps carbonisés de la National
236, les politiques publiques menées ces dernières années dans un pays
régulièrement confronté aux feux de forêt.
mardi 30 mai 2017
Maroc : solidarité avec la mobilisation populaire du Rif , par la Quatrième Internationale (Bureau)
Depuis sept mois un mouvement de contestation populaire ne cesse de croître dans la région du Rif au nord du Maroc, et a culminé par un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Al-Hoceima le 18 mai dernier.
Ce mouvement prend racine dans la mobilisation populaire qui s’est affirmée dans la région à partir du 20 février 2011, reprenant au Maroc la dynamique des soulèvements dans toute le Maghreb et le Moyen-Orient. Il a été relancé en octobre 2016 lorsque le jeune pêcheur Mohsen Fikri a été broyé dans une benne à ordures à Al-Hoceima.
Ce mouvement prend racine dans la mobilisation populaire qui s’est affirmée dans la région à partir du 20 février 2011, reprenant au Maroc la dynamique des soulèvements dans toute le Maghreb et le Moyen-Orient. Il a été relancé en octobre 2016 lorsque le jeune pêcheur Mohsen Fikri a été broyé dans une benne à ordures à Al-Hoceima.
mardi 23 mai 2017
Brésil : ébullition et grève, par João Machado et Tarzia Medeiros
Les travailleurs font entendre leur opposition radicale aux mesures gouvernementales sur les retraites et sur le travail.
La 28 avril 2017 restera l'un des jours le plus important de l’histoire récente du Brésil. La classe ouvrière a repris son rôle de premier plan sur la scène politique et a protesté de façon unitaire, avec une grève générale, contre les mesures sur les retraites et le travail engagées par le gouvernement illégitime de Temer.
L’appel pour un jour de grève a été suivi d'un arrêt total ou partiel dans les transports, dans les institutions de l’enseignement, dans des activités économiques de plusieurs capitales et villes. Il a compté sur d'innombrables manifestations et blocages de rue, d’avenues ou importants accès aux centres urbains pendant toute la journée, à commencer par les initiatives de soutien aux chauffeurs de bus et de métro dès l’aube du 28.
L’appel pour un jour de grève a été suivi d'un arrêt total ou partiel dans les transports, dans les institutions de l’enseignement, dans des activités économiques de plusieurs capitales et villes. Il a compté sur d'innombrables manifestations et blocages de rue, d’avenues ou importants accès aux centres urbains pendant toute la journée, à commencer par les initiatives de soutien aux chauffeurs de bus et de métro dès l’aube du 28.
mercredi 17 mai 2017
Grèce : grève générale mercredi 17 mai, par l'Unité Populaire
Le premier mai le gouvernement SYRIZA-ANEL a choisi de donner son accord au quatrième et nouveau mémorandum avec les institutions ! En faisant des « serments » au nom des travailleurs, il a annoncé la suppression du jour de repos dominical et l’ouverture des établissements commerciaux au moins 32 dimanches par an.
Il a donné son accord pour une nouvelle baisse des retraites, une nouvelle augmentation des cotisations sociales, une nouvelle augmentation de la fiscalité, la levée du véto ministériel concernant les licenciements collectifs, un allongement dans la durée des règlements réactionnaires de la période 2011-2012 concernant les conventions collectives, le rétablissement de l’article 4 pour les grèves et l’aliénation plus grande encore du gouvernement grec.
Il a donné son accord pour une nouvelle baisse des retraites, une nouvelle augmentation des cotisations sociales, une nouvelle augmentation de la fiscalité, la levée du véto ministériel concernant les licenciements collectifs, un allongement dans la durée des règlements réactionnaires de la période 2011-2012 concernant les conventions collectives, le rétablissement de l’article 4 pour les grèves et l’aliénation plus grande encore du gouvernement grec.
mardi 11 avril 2017
Turquie : «La brume ne se dissipera pas de sitôt», entretien avec Uraz Aydin à la veille du référendum
Uraz Aydin a travaillé 17 ans comme
assistant de recherche à la faculté de communication de l'Université de
Marmara. Il a été licencié par le décret du 7 février 2017, dans le
cadre de l'Etat d'urgence pour signature de la pétition Academics for Peace*. Traducteur de Mandel, Bensaïd. Löwy, Traverso, Achcar… il est aussi rédacteur de Sosyalist Demokrasi icin Yeniyol, revue de la section turque de la 4e Internationale. Entretien.
Uraz Aydin
Quelle est l'atmosphère politique actuelle en Turquie alors que le référendum s'approche du 16 avril et que la répression du gouvernement turc contre les forces démocratiques et progressistes s'intensifie?
Laissons tout d'abord parler les chiffres, par ex. le temps de passage à l'antenne des différents partis. Dans les vingt premiers jours du mois de mars, sur 17 chaînes TV Erdogan et divers dirigeants de l'AKP ont bénéficié de 420,5 heures de passage à l'antenne en direct et le HDP… zéro! Entre le 1er et le 22 mars, sur la chaine publique TRT Erdogan et le gouvernement ont eu droit à 4113 minutes de diffusion, le parti républicain de l'opposition CHP 216 minutes, le parti d'extrême droite désormais soumis à Erdogan 48 minutes et le HDP... une minute! Erdogan avait, il y a quelques mois, annulé par décret l'obligation d'égalité du temps de parole à l'antenne des différents partis lors des périodes électorales.mardi 14 mars 2017
L’écosocialisme est bien plus qu’une stratégie : un projet de civilisation? Entretien avec Daniel Tanuro
Alexandre Araujo Costa : Pendant longtemps, les organisations de gauche n’ont pas accordé beaucoup d’attention aux questions environnementales en général, mais au moins depuis le 15e Congrès, la Quatrième Internationale semble s’inquiéter de plus en plus de la dite «crise écologique». Qu’est ce qui a changé ?
Daniel Tanuro : En effet, la plupart des organisations de gauche ont manqué le rendez-vous dans les années 1960, quand la dite « crise écologique » a émergé comme une nouvelle question d’intérêt social général (on peut d’ailleurs fixer une date symbolique de cette émergence : le livre de Rachel Carson, « Le Printemps Silencieux », publié en 1962). La raison principale, je pense, est que ces organisations étaient concentrées principalement sur les guerres et révolutions anticoloniales dans les pays dominés (Cuba, Algérie, Vietnam …), sur les mouvements de masse contre la bureaucratie à l’Est (Pologne, Hongrie) et sur la convergence de la radicalisation des jeunes et des travailleurs en Occident (Mai 68, le « mai rampant italien de 69 »,…).
Daniel Tanuro : En effet, la plupart des organisations de gauche ont manqué le rendez-vous dans les années 1960, quand la dite « crise écologique » a émergé comme une nouvelle question d’intérêt social général (on peut d’ailleurs fixer une date symbolique de cette émergence : le livre de Rachel Carson, « Le Printemps Silencieux », publié en 1962). La raison principale, je pense, est que ces organisations étaient concentrées principalement sur les guerres et révolutions anticoloniales dans les pays dominés (Cuba, Algérie, Vietnam …), sur les mouvements de masse contre la bureaucratie à l’Est (Pologne, Hongrie) et sur la convergence de la radicalisation des jeunes et des travailleurs en Occident (Mai 68, le « mai rampant italien de 69 »,…).
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