Le
11 et 12 février s’est tenu à Madrid le deuxième congrès de Podemos,
plus connu sous le nom de Vistalegre II. Après une campagne incertaine
et marquée par de fortes tensions entre les deux principaux courants,
Pablo Iglesias s’est vue renforcé en obtenant la majorité absolue des
voix. Radicalité en externe et pratiques plébiscitaires en interne sont
les deux lignes principales de son projet.
La communication occupe une place centrale pour les stratèges du
parti violet. Vistalegre II n’a pas échappé à la règle. Héritière d’une
tradition marxiste révolutionnaire ouverte, Podemos en Movimiento, la
candidature structurée autour d’Anticapitalistas, continue de lever le
poing. La candidature d’Iñigo Errejon, a fait, elle, le « V » de la
victoire. Représentant d’un « populisme constructiviste profond » selon
l’expression de Josep Maria Antentas,
à la recherche d’une certaine normalisation et respectabilité, le « V »
est symptomatique d’un secteur qui met en avant les contenus
dépolitisant – les signifiants vides d’Ernest Laclau. Au milieu, Pablo
Iglesias, a choisi, lui, de brandir une main ouverte en signe de
ralliement. Hybridation entre eurocommunisme et populisme instrumental,
le courant du secrétaire général oscille entre un côté et l’autre de la
balance. Que l’on ait supporté l’une ou l’autre des candidatures, on a
donc levé le poing, une main ouverte ou écarté deux doigt pour former un
« V » ; ce qui a parfois fait prendre à Vistalegre II des allures de
pierre-feuille-ciseaux géant.
Ce week-end a lieu le congrès de Podemos, durant lequel
d’importantes décisions vont être prises concernant l’avenir du
mouvement. Josep Maria Antentas revient ici sur la trajectoire de Podemos et sur les débats stratégiques qui s’imposent dans la conjoncture présente.
Josep María Antentas est professeur de sociologie à l’Universitat
Autónoma de Barcelone et membre du comité éditorial de la revue Viento Sur.
Le deuxième congrès de Podemos qui est programmé pour les 11 et 12
février, en guise de catharsis interne et externe, condense tous les
débats stratégiques du parti qui ont émergé abruptement après
l’éclatement de son équipe de direction en mars 2016. La rupture au
sommet a rendu visibles les discussions qui jusque-là n’existaient que
sous une forme larvée et balbutiante et/ou n’étaient le fait que des
minorités critiques qui se sont toujours opposées au modèle de parti et à
la stratégie codifiés lors du premier congrès de Vistalegre en octobre
2014. Nous analyserons dans cet article la nature des options internes
en lice (pas tant leurs propositions concrètes pour le congrès que leurs
positions politiques de fond) et nous dresserons un bilan du modèle de
parti adopté à Vistalegre d’un point de vue organisationnel.
Trump
a un projet : gérer les Etats-Unis comme une grande entreprise,
transformer celle-ci en forteresse du « capitalisme judéo-chrétien », la
restructurer à la hussarde, puis lui rendre une hégémonie mondiale sans
partage. Harcèlement du personnel, brutalité avec les concurrents, déni
des externalités environnementales sont simplement copiés/collés du
niveau de son business à celui de la société. Milliardaire populiste
inculte, nationaliste, raciste, sexiste, homophobe, islamophobe,
antisémite, Trump ambitionne de remodeler la société US et la carte du
monde au marteau, en faisant fi de ce qui existe et en brisant ce qui
résiste.
Diverses fractions de la classe dominante suivent les foucades du
nouveau Président avec inquiétude. Pourront-elles le canaliser ?
Devront-elles s’en défaire ? Les deux options sont ouvertes. Mais une
troisième ne peut être exclue : que le boutefeu, par une fuite en avant,
fasse basculer le monde dans un cauchemar de guerre et de désastre
climatique.
«Y advertid, hijo, que vale más buena esperanza que ruin posesión, y buena queja que mala paga», Don Quijote de la Mancha, Miguel de Cervantes
[Et prenez garde, mon fils, que mieux vaut bonne espérance que mauvaise possession, et bonne plainte que mauvais payement. Deuxième volume, chapitre 7, traduction billingue, Duke University]
La tenue prochaine de l’Assemblée de Podemos (10-11-12 février 2017) apparaît comme le moment le plus critique de la brève existence – mais à un rythme accéléré – de Podemos. Cette assemblée se tient alors que l’équipe dirigeante a reconnu que la « guerre éclair » initiée suite aux élections européennes de mai 2014 n’est pas parvenue à remplir son objectif : remporter les élections générales et être en position de gouverner.
Elles sont venues par centaines et par milliers à Washington, Department of Columbia, remplissant des trains, des cars, des minibus et des voitures. Elles ont recouvert les rues et les parcs d’un torrent d’humanité inondant l’Esplanade nationale [1] afin d’exprimer leur colère et leur tristesse face à l’accession à la présidence de Donald Trump, mais aussi leur bonheur de se retrouver les unes les autres.
Des scènes similaires se sont reproduites dans les villes et localités à travers tous les Etats-Unis, faisant du 21 janvier le jour de protestation le plus important de l’histoire américaine : plus de 3,3 millions de participant·e·s, si l’on se base sur une tentative de recueillir des informations sur internet de toutes les protestations [cette même source indique comme estimation haute une participation de 4,6 millions] [2].
D.Trump à peine installé à Washington, B. Netanyahou, qui n’attendait que cette nomination, annonce la construction de 566 logements à Jérusalem en contradiction totale avec la récente résolution 2334 votée à l’ONU interdisant de nouvelles constructions dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.
Et ce n’est qu’un début ! Un plan « ambitieux » est annoncé de construction de 11000 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
La politique pro-israélienne annoncée par D.Trump pendant la campagne électorale étasunienne (soutien à la colonisation, projet de transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem correspondant à une reconnaissance implicite quoi qu’illégale de son annexion à Israël) contribuera à enterrer définitivement le processus d’Oslo déjà moribond de création d’un Etat de Palestine à côté d’Israël dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.
Les preuves du basculement climatique, pour reprendre l’expression de
Daniel Tanuro, se font chaque jour plus évidentes. 2016 a battu le
record de l’année la plus chaude depuis le début des mesures de la
température terrestre.
Dans le même temps, la planète enregistre un recul sans précédent de
ses banquises. La couverture mondiale de glace de mer a accusé l’année
dernière une perte de plus de trois millions de kilomètres carrés par
rapport à la moyenne 1981-2010.
Autre indicateur notable, celui du « jour du dépassement global », qui
mesure le différentiel sur une année entre les ressources consommées par
l’humanité et celle produite par la Terre. Le résultat est clair : en
moins de huit mois, l’humanité a consommé la totalité du budget
écologique annuel de la Terre.
L’intérêt de cet indicateur est qu’il permet également de souligné les
responsabilités différenciées entre pays du Nord et pays du Sud, et au
sein de ceux-ci entre classes sociales aisées et classes sociales
défavorisées.
La
domination de l’alliance entre l’ANC, la COSATU et le Parti communiste
sur la vie politique sud-africaine est en crise. Si l’apartheid a été
balayé, l’horizon d’une société égalitaire est contrarié par le règne du
néolibéralisme.
L’Afrique du Sud, après avoir suscité un enthousiasme à la hauteur de
sa victoire contre le régime d’apartheid, avec un hommage à la limite
de l’adoration pour Nelson Mandela, semble aujourd’hui oubliée, sauf
pour signaler les frasques de son actuel président. C’est omettre que
colonialisme et régime d’apartheid, plus de 350 ans d’une histoire de
violence et de mépris, ne s’effacent pas d’un revers de main, ni même
par un bulletin de vote. Inégalités, racisme, sexisme sont encore bien
là, en dépit des progrès réalisés. Il y a encore beaucoup de montagnes à
franchir au pays de Mandela et l’African national congress (ANC) ne
semble plus à la hauteur des défis à relever.
A l’aube du mercredi 28 Décembre 2016, la police portuaire d’Igoumenitsa (Grèce) a arrêté Mikel Zuloaga et Begonia Huarte, d’ origine basque, parce qu’ ils essayaient de convoyer dans leur mobile home 8 réfugiés vers le pays basque. Leur action s’inscrivait dans le cadre d’une vaste campagne en faveur de la circulation libre des refugiés avec la garantie de conditions de vie dans la dignité; elle s’incrivait aussi que dans la lutte pour une vie sans discriminations ni exclusions sociales. Il s’agit d’un acte de justice.
Les deux basques détenus à Igoumenitsa affrontent des accusations entrainant des peines lourdes. Six parmi ces refugiés ont été libérés, tandis que les deux autres sont détenus dans des conditions indignes parce qu’ils étaient sans papiers.