samedi 4 octobre 2014

Kobanê est en danger, réagissez ! Manifestation en solidarité avec la résistance de Kobanê contre Daesh


Au nom de l’humanité, la France doit soutenir la résistance de Kobanê contre Daesh ! Appel à manifester samedi 4 octobre, Paris 15h, Invalides (sortie métro) - Trocadéro 

Depuis le 15 septembre, les gangs armés de l’Etat islamique (EI ou Daesh en arabe) lancent des offensives sur trois fronts contre le canton de Kobanê, au Kurdistan de Syrie, utilisant des armes lourdes saisies en Irak et en Syrie. Dans le cadre de ces offensives, ils bénéficient du soutien militaire, politique et logistique de la Turquie. 

En échange de la libération de ses 49 otages retenus par l’EI, cette dernière a livré des tanks et des armes aux djihadistes. Les dizaines de milliers de réfugiés qui ont dû fuir devant l’arrivée de l’EI sont amassés le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie. 

Avec la population kurde de Turquie qui a massivement afflué à la frontière pour les soutenir, ils sont pris en étau entre les djihadistes de Daesh et l’armée turque. Cette dernière réprime violemment les manifestations et a jusqu’ici tué trois personnes et blessé de nombreuses autres. 

mercredi 1 octobre 2014

Russie, Ukraine : les rouges et verts se mobilisent contre la répression, par Vladimir Claude Fisera


Le 21 septembre dernier à Moscou, un cortège de plusieurs centaines de militants rouges et verts mais aussi libertaires (aux drapeaux noirs et rouges) et féministes (drapeaux violets) a participé à la grande manifestation de la Coalition Antimilitariste de Russie aux cris de "Poutine, assez de baratin, assez de guerre! " et des pancartes portant ces mots : "notre plus grave erreur, c'est l'oubli de l'internationalisme". La banderole de tête portait ces mots : " La guerre, c'est le malheur (biéda), pas la victoire (pobiéda)!"

Plusieurs banderoles proclamaient : "L'antifascisme n'est pas un crime, libérez l'antifasciste de Crimée, Alexandre Koltchenko !". En effet, le 3o mai dernier, après une manifestation le 19 mai à Simféropol en Crimée protestant contre l'occupation russe de la Crimée, quatre militants, Alexandre Koltchenko, Oleg Sentsov,Guennadi Afanassiev, et Alexeï Tchirni, étaient arrêtés en Crimée, enlevés et déportés en Russie dans le plus grand secret sous l'accusation farfelue (dévoilée bien plus tard suite à la protestation d'Amnesty International) d'avoir organisé 2 actes terroristes à Simféropol et d'en avoir planifié un autre.

Le 21 septembre, dans la rue à Moscou contre la guerre en Ukraine - Entretien avec Kirill Buketov


["solidaritéS] a posé trois questions à Kirill Buketov, militant socialiste antiautoritaire russe, après la manifestation anti-guerre du 21 septembre, qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Moscou. 

Jean Batou – Etiez-vous nombreux dans la rue le 21 septembre ? Quelles étaient vos revendications ? Quels milieux et forces politiques étaient représentés

Kirill Buketov – Nous avons été surpris par le grand nombre des participant-e-s qui ont exigé que les dirigeants russes stoppent leur intervention militaire en Ukraine, qu’ils cessent la répression et qu’ils libèrent les prisonniers politiques. « Fuck RT ! », les médias manipulateurs sponsorisés par Poutine, était souvent repris en cœur. Socialement très mélangés, les manifestant-e-s représentaient la gauche et les forces démocratiques. 

mardi 30 septembre 2014

Ukraine : Résister à la polarisation nationaliste et à l’invasion russe. Construire un Parti démocratique de gauche. Un point de vue féministe


Nina Potarskaya est l’une des figures de la gauche féministe ukrainienne, initiatrice des escouades féministes de Maiden et membre de l’Opposition de gauche, qui a participé à l’organisation de plusieurs conférences successives des forces de gauche à Kiev, en novembre 2013, mars et septembre 2014. La dernière d’entre elles a décidé de construire un Parti démocratique de gauche, qui est la première tentative de ce type en Ukraine. 
Jean Batou

Peux-tu expliquer la dynamique sociale et politique du processus de Maiden, qui a conduit au renversement du régime de Yanukovych en février 2014, et peux-tu essayer de montrer la différence avec le cours des événements à l’Est du pays ? 

Nina Potarskaya – J’aimerais tout d’abord rappeler la nature des protestations sociales en Ukraine avant et après Maiden. Les enquêtes d’opinion montrent que durant les quatre dernières années, les principales raisons du mécontentement populaire, à l’Est comme à l’Ouest du pays, étaient dues à des problèmes économiques. 

lundi 29 septembre 2014

La guerre contre l’Etat islamique et ses conséquences intérieures, par François Calaret (Ensemble !)


Le déclenchement de la guerre contre l’« Etat islamique » ouvre une période de grandes incertitudes. Contrairement à ce qu’affirmait le journal « L’Humanité », dans son édition du 24 septembre, ce n’est probablement pas simplement « une guerre de plus » menée par les Etats Unis et leurs alliés, mais un évènement qui met en jeu des bouleversements beaucoup plus importants et qui en même temps révèlent des évolutions profondes à l’œuvre au sein des sociétés. 

Pour les Etats Unis, une guerre contrainte 

En quoi le conflit contre l’« Etat islamique » se différencie t-il des guerres menées par les Etats, que ce soit en Irak en 1991, en Afghanistan en 2001, en Irak encore en 2003 – pour ne citer que les principales interventions ? On peut considérer que la période précédente depuis la chute du Mur de Berlin était marquée par « l’hyperpuissance américaine » et par la force d’entraînement du leadership US, que ce soit par Bush I, Clinton, ou dans une forme plus exacerbée par Bush II (qui révélait déjà une fragilité). Mais cela correspondait à un « agenda » US, plus ou moins maîtrisé et destiné à assurer leur hégémonie. 

jeudi 25 septembre 2014

Le Brésil vote le 5 octobre prochain, par Rémy Querbouët


L'élection présidentielle brésilienne de 2014 se tiendra le 5 octobre prochain, avec, si nécessaire, un second tour le 26 octobre. Ce même jour seront également élus les gouverneurs des états, les sénateurs et les députés fédéraux et des états car il s'agit, comme tout les 4 ans, d'une élection générale. 

Initialement annoncée comme une formalité pour l’actuelle présidente Dilma Roussef, cette élection s’avère chaque jour plus incertaine, notamment depuis la mort accidentelle d’Eduardo Campos, candidat du petit PSB (Parti Socialiste Brésilien) et son remplacement par sa colistière l’écologiste Marina Silva. Rappelons que Marina Silva, alors candidat du Partido Verde, avait recueilli près de 20% des suffrages lors de la précédente présidentielle de 2010, et Dilma Roussef 47%. Mais depuis lors, les quatre années de présidence Roussef ont nourri beaucoup de désillusion. 

Les derniers sondages éloignent la possibilité d'une réélection au 1er tour et annoncent un face à face Roussef – Silva serré pour le second tour. Aécio Neves , candidat du Parti Social Démocrate Brésilien (PSDB) droite, est annoncé comme numéro trois. La gauche radicale se présente divisée avec pas moins de trois candidat-e-s : Luciana Genro pour le PSOL, J.M de Almeida pour le PSTU et Mauro Iasi pour le Parti Communiste. Quatre autres candidats participent à l’élection. 

mercredi 24 septembre 2014

Ecosse-Catalogne : le défi démocratique du droit à décider a gagné, par Jaime Pastor


Le Non à l’indépendance a gagné, de justesse et par le recours au chantage à la peur du futur (la campagne du Better together en est venue à s’appeler «le projet de la peur»), mais le résultat obtenu par le Oui montre clairement que si le Royaume-Uni veut survivre, il ne pourra plus exister comme auparavant. 

L’option que David Cameron a refusé d’inclure dans la question du référendum (la Devo-Max) et qu’il a dû récupérer dans l’étape finale de la campagne pour pouvoir mettre en échec le Oui est maintenant sur la table, pour autant que cela ne se passe pas comme au Canada où les promesses faites ont vite été oubliées… 

Ce qui est le plus important, c’est que nous assisterons probablement à une progression de l’activisme de base écossais au sein de la société britannique grâce au processus d’auto-organisation qui s’est produit avec des initiatives telles que la Radical Independence Campaign (RIC), Women for Independence et autres organisations en faveur du Oui. Et cela en tant qu’expression de ce qu’un journaliste a qualifié d’«insoumission populiste» non seulement contre l’«unionisme», mais aussi contre les politiques néolibérales de David Cameron. Parce que, comme l’a écrit Owen Jones [du quotidien The Independent], dans toute la propagande en faveur du Oui, on pouvait lire également qu’on ne voulait «plus jamais vivre sous un gouvernement Tory». 

Qui a gagné la guerre de Gaza ? par Joseph Daher


La Bande de Gaza détruite, mais le peuple palestinien est debout et victorieux 

L’Etat d’Israël n’a économisé aucun moyen pour tenter de réduire à néant la résistance et la population palestinienne de la bande de Gaza. Plus de 50 jours de bombardements ont en effet causé la mort de plus de 2100 pa­les­ti­nien·ne·s, presque tous civils, dont 500 enfants, et en ont blessé 11 000 autres. Les dégâts matériels sont énormes, alors que près d’un demi-million de Gazaouis – le tiers de la population – a été déplacé, logeant dans des écoles, des hôpitaux et des centres des Nations Unies, eux-mêmes la cible d’attaques%u200A ; près de 55 000 maisons ont été touchées par les raids israéliens dont, selon l’Onu, au moins 17 200 totalement ou quasi totalement détruites ; plus de 100 000 personnes ont besoin d’une solution de relogement. 

L’opération « Bordure protectrice », nom donnée à l’offensive militaire israélienne, a été la plus longue et la plus sanglante des quatre offensives lancées par Tel Aviv depuis son retrait de la bande de Gaza en 2005. De son côté, Israël a perdu 65 soldats et 6 civils, dont un enfant. La mort des civils israéliens relève de la responsabilité directe de l’Etat d’Israël de sa politique d’occupation, de colonisation et d’Apartheid. La résistance populaire palestinienne, sous toutes ses formes, militaires et/ou pacifiques, est en effet un droit inaliénable pour un peuple en lutte pour sa libération et son émancipation, que ce soit contre une dictature autoritaire, une occupation et/ou une intervention étrangère. 

Irak-Syrie : soutenir les peuples contre l'Etat islamique, par Ensemble


A l’initiative du président américain, Barack Obama, suivi par le britannique David Cameron et le président François Hollande, une coalition internationale se met en place pour amplifier des frappes aériennes contre le « califat » prétendument instauré en Irak et en Syrie par « l’Etat Islamique (EI) ». Un représentant du gouvernement français a annoncé que cette guerre pourrait « durer des années ». 

« L’EI » est une entité politique particulièrement réactionnaire et barbare, qui est le produit des crises et des guerres multiples qu’a connues la région ces dernières années. « L’EI » est le résultat de la politique désastreuse des Etats Unis en Irak qui ont imposé une dictature autoritaire excluant la composante sunnite du peuple irakien et provoquant des fractures profondes au sein de la population. 

L'accaparement des ressources de la région (en particulier le pétrole) au profit des multinationales constitue un enjeu majeur de cette politique. Les jeux d’influence des puissances régionales comme la Turquie, l’Arabie Saoudite ou le Qatar sans oublier Israël, l'Iran... ont renforcé ces divisions attisées par les impérialismes occidentaux et les multinationales. 

samedi 13 septembre 2014

Moyen-Orient. «Un processus révolutionnaire à long terme avec des phases contre-révolutionnaires» - Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Brian Ashley


Nous publions ici un entretien avec Gilbert Achcar réalisé au début de la dernière semaine du mois d’août 2014. Il permet de saisir la logique de l’agression de l’Etat israélien contre Gaza et plus généralement le peuple palestinien. De plus, il permet de disposer d’un cadre de compréhension pour ce qui a trait auxdites crises syrienne et irakienne et au développement de l’Etat islamique (Daech). 

La nomination du nouveau premier ministre irakien Haïdar al-Abadi – qui vient de former son gouvernement – conduit-elle à un sérieux changement?  Des analystes sont moins optimistes que la diplomatie internationale. Ainsi, Myriam Benraad du CERI affirme: «Comme on le voit très bien, les élites qui étaient déjà au pouvoir depuis plusieurs années sont toujours présentes, avec de manière très symbolique Nouri al-Maliki qui, désormais, a un portefeuille de vice-président.»